Anthropic sécurise 10 milliards de dollars de calcul chez Volta
Anthropic a signé un contrat de six ans pour 10 milliards de dollars de capacité de calcul avec Volta Infra Holdings. Le deal s’appuie sur un data center en Norvège et sur des puces Nvidia Vera Rubin.
Anthropic a verrouillé 10 milliards de dollars de capacité de calcul auprès de Volta Infra Holdings, une jeune société de cloud créée début 2026, selon Bloomberg. Le contrat court sur six ans et s’appuie sur un data center à Tydal, en Norvège, où Bitdeer exploite une infrastructure alimentée par l’hydroélectricité et équipée de puces Nvidia Vera Rubin. L’enjeu est simple : sécuriser les ressources informatiques nécessaires à la montée en charge des modèles d’IA, avant que la concurrence ne rafle tout. Et, visiblement, le nerf de la guerre reste très physique.
Une course au calcul qui s’accélère
Volta indique disposer de 133 mégawatts de capacité pour ce site, avec une mise à disposition en deux phases jusqu’en mars 2027. Dans le même temps, la société dit avoir sécurisé 1 gigawatt d’électricité à court terme pour des data centers, ce qui montre l’ampleur des besoins visés. Anthropic, de son côté, empile les accords : Google et Broadcom, Amazon, SpaceX et AMD figurent déjà parmi ses partenaires ou fournisseurs cités dans la source. Cette accumulation dit beaucoup du marché actuel : les grands acteurs ne cherchent plus seulement des puces, ils cherchent du temps de calcul garanti.
Le financement accompagne cette logique. Volta a levé 300 millions de dollars en capital-risque, menée par Andreessen Horowitz et Altimeter Capital, tandis que Nvidia et Michael Dell ont aussi investi, pour une valorisation annoncée à 2,4 milliards de dollars. La société a en plus monté un pool de financement de 5 milliards de dollars pour aider ses clients à préfinancer des puces IA coûteuses. Dit autrement : même acheter les couteaux devient un sport d’endurance.
Les dépendances se resserrent autour de Nvidia
Ce montage illustre un phénomène plus large, déjà pointé par des critiques : quand les fournisseurs de puces investissent aussi dans les jeunes pousses qui déploient ces puces, les dépendances se multiplient. Dans ce dossier, Nvidia est à la fois investisseur de Volta et fournisseur des processeurs utilisés dans le projet, ce qui alimente les interrogations sur la solidité de l’ensemble si la demande d’IA ralentit. Pour l’instant, rien n’indique un retournement, mais le secteur s’organise comme si la pénurie de calcul devait durer.
La réaction boursière a été immédiate : l’action de Bitdeer a gagné 14 % après l’annonce, selon la source citée par Bloomberg. Ce mouvement rappelle que, derrière les modèles génératifs et les promesses logicielles, il y a toujours des contrats d’énergie, des data centers, des mégawatts et des calendriers de livraison. C’est moins glamour qu’un assistant conversationnel, mais c’est ce qui fait tourner la machine.
Points clés
- Anthropic signe 10 milliards de dollars sur six ans.
- Volta a été fondée début 2026.
- 133 mégawatts sont prévus à Tydal, Norvège.
- Bitdeer a progressé de 14 % après l’annonce.
- Nvidia investit dans Volta et fournit les puces.
En chiffres
- 10 milliards de dollars — capacité de calcul sécurisée par Anthropic, sur six ans, selon Bloomberg.
- 133 mégawatts — capacité du site de Tydal, en Norvège, annoncée par Volta.
- 300 millions de dollars — capital-risque levé par Volta, début 2026.
- 2,4 milliards de dollars — valorisation annoncée de Volta après la levée.
- 14 % — hausse du titre Bitdeer après l’annonce, selon la source.