Chine : encadrement strict des IA émotionnelles pour protéger mineurs et seniors

La Chine propose un règlement provisoire limitant l’influence émotionnelle des IA, notamment pour prévenir les risques de suicide et protéger les publics vulnérables. Ce cadre, soumis à consultation, vise une entrée en vigueur en 2026.

Le 27 décembre 2025, l’Administration du cyberespace chinoise a publié un projet de règlement provisoire encadrant les services d’intelligence artificielle à interaction anthropomorphique. Ce texte vise à limiter l’impact émotionnel des IA sur les utilisateurs, en particulier les mineurs et les personnes âgées, afin de prévenir les risques de dépendance, d’automutilation ou de suicide. Cette initiative intervient alors que la Chine cherche à asseoir son leadership dans la gouvernance mondiale de l’IA et à encadrer les usages de ces technologies en plein essor.

Quand l’IA ne doit plus jouer avec nos émotions

Le projet de règlement interdit aux chatbots et autres IA d’engager des interactions susceptibles d’inciter à des comportements dangereux, comme le suicide ou l’automutilation. En cas de propos suicidaires, la prise en charge humaine doit être immédiate, avec contact d’un proche ou d’un tuteur. Les contenus violents, obscènes ou liés au jeu sont également proscrits. Les plateformes doivent pouvoir identifier les mineurs, même sans déclaration d’âge, et appliquer des restrictions adaptées, avec un contrôle parental obligatoire. Un mode mineur avec historique consultable par le tuteur est exigé, tandis que pour les seniors, un contact d’urgence doit être désigné pour prévenir tout risque sanitaire.

Des garde-fous pour éviter la dépendance et les dérives

Au-delà des interdictions, le texte impose des mesures de sécurité renforcées : audit des algorithmes, comité d’éthique, journalisation des logs et procédures d’urgence. Les utilisateurs doivent être avertis après deux heures d’interaction continue et disposer d’un bouton de sortie simple, sans obstacle pour arrêter la conversation. L’interdiction de simuler des proches ou des personnes ayant un lien particulier avec l’utilisateur vise à éviter les confusions affectives et les abus. Ces règles s’appliqueront aux IA offrant des services émotionnels au public chinois, avec des sanctions allant de l’avertissement à la suspension du service en cas de non-respect.

Un cadre en consultation avant une application en 2026

Ce projet de règlement provisoire est soumis à une consultation publique jusqu’au 25 janvier 2026. Les autorités, entreprises, experts et citoyens peuvent proposer des ajustements avant la publication d’une version officielle. La date précise d’entrée en vigueur reste à déterminer en 2026. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de la Chine de réguler l’IA de manière pionnière, notamment face à la montée en puissance des chatbots émotionnels et des compagnons virtuels, dont certains acteurs chinois comme Z.ai et Minimax ont récemment annoncé leur introduction en bourse à Hong Kong.

Points clés

  • Projet publié le 27 décembre 2025 par l’Administration du cyberespace chinoise.
  • Consultation publique ouverte jusqu’au 25 janvier 2026.
  • Interdiction de contenus incitant au suicide ou à l’automutilation.
  • Obligation d’intervention humaine en cas de détresse exprimée.
  • Protection renforcée des mineurs et des personnes âgées.

En chiffres

  • 20 millions d’utilisateurs actifs mensuels pour l’app Talkie AI de Minimax (2025).
  • 80 millions d’appareils équipés par la technologie de Z.ai (2025).
  • 2 heures d’interaction continue avant rappel à l’utilisateur.
  • 100 000 utilisateurs actifs mensuels seuil pour audit de sécurité.
  • 2026 prévue pour l’entrée en vigueur du règlement.

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