Circuit Mind veut sécuriser la conception de circuits avec sa nouvelle IA

La start-up londonienne Circuit Mind lève 25 millions de dollars pour étendre sa plateforme de conception et de vérification de circuits électroniques. Elle lance aussi AVE, un moteur de vérification qui compare les schémas aux fiches techniques et aux règles d’ingénierie.

Circuit Mind, start-up londonienne qui développe une plateforme d’IA pour concevoir et vérifier des circuits électroniques, annonce 25 millions de dollars de financement et le lancement d’AVE, son nouveau moteur de vérification. L’opération comprend un tour de série A de 18,5 millions de dollars et un seed round jusque-là non annoncé, pour un total porté à 33,4 millions de dollars. L’enjeu est concret : réduire les erreurs avant qu’un schéma ne devienne une carte physique, avec tout le coût que cela implique en prototypes et en reprise. Ce n’est pas le genre de bug qui amuse les équipes hardware.

De la schématique au contrôle des règles métier

La plateforme de Circuit Mind s’articule autour de deux briques. ACE, pour Assistant to Circuit Engineers, génère à partir d’un bloc fonctionnel un schéma, une nomenclature et des analyses en quelques minutes, avec des arbitrages possibles entre coût, taille, consommation et disponibilité des composants. AVE, de son côté, vérifie les conceptions en les confrontant aux fiches techniques des composants et aux règles d’ingénierie propres à chaque entreprise.

Cette séparation entre génération et vérification compte. Un assistant peut proposer une architecture plausible, mais cela ne suffit pas à garantir qu’elle respecte les contraintes électriques, les choix de composants approuvés ou les standards internes. Circuit Mind dit intégrer à sa plateforme des modèles structurés de composants, un moteur de décision basé sur la physique et le contexte technique du client, ce qui la distingue d’un chatbot généraliste chargé d’improviser un circuit.

Pourquoi les industriels regardent ce type d’outil

Le discours de la société vise des équipes d’ingénierie confrontées à des contraintes souvent contradictoires : compatibilité des pièces, règles électriques, disponibilité chez les fournisseurs, documentation à produire et délais de mise sur le marché. Dans ce cadre, l’automatisation ne remplace pas l’ingénieur ; elle lui évite une partie du tri initial, celui où l’on élimine des options qui ne passent pas les contraintes de départ.

Circuit Mind affirme que des équipes d’Emerson, de Schneider Electric et de grandes entreprises du classement Fortune 5 utilisent sa plateforme. L’entreprise évoque aussi des cycles de conception passés de plusieurs mois à quelques semaines, une baisse de 25 % du coût des nomenclatures et moins de reprises en fabrication, mais il s’agit de résultats rapportés par la société, pas d’un benchmark indépendant commun à tous les usages.

Des gains rapides, mais pas magiques

La société cite aussi une évaluation menée au Los Alamos National Laboratory. Selon ce résumé, un design de microcontrôleur de complexité moyenne a pris 4 heures et 13 minutes, contre une base manuelle annoncée entre 60 et 80 heures ; cela incluait 35 minutes de préparation, 8 minutes de résolution automatisée et environ 3 heures et demie de travail manuel. Le même document mentionne un design FPGA plus difficile, pour lequel une part importante du travail est restée manuelle, certaines pièces n’étant pas prises en charge pendant l’évaluation.

Autrement dit, les promesses d’accélération dépendent du périmètre. Un schéma qui passe une série de règles n’est pas encore un produit fini : le placement sur la carte, les interférences électromagnétiques, les contraintes thermiques et les tolérances de fabrication peuvent encore tout compliquer. C’est là que les outils de vérification prennent leur sens, mais aussi leurs limites.

Une levée pour accélérer l’expansion commerciale

La série A est menée par Norwest, avec la participation de Third Prime, Differential Ventures, Blackhorn Ventures et du nouvel investisseur Lightscape VC. Third Prime a mené le seed round, et Dave Zilberman, general partner chez Norwest, rejoint le conseil d’administration de Circuit Mind. La société a été fondée par Tomide Adesanmi et Basilio Gentile.

Avec ce financement, Circuit Mind prévoit d’étendre sa plateforme sur l’ensemble du cycle de conception électronique, de recruter dans les équipes commerciales, produit et support client, et d’installer un siège américain pour servir l’Amérique du Nord. Le marché jugera surtout la capacité de l’outil à gérer les cas pénibles, ceux où les fiches techniques sont incomplètes, les exigences changent en cours de route et les standards maison ne laissent aucune place à l’improvisation.

En chiffres

  • 25 millions de dollars — financement annoncé par Circuit Mind.
  • 18,5 millions de dollars — série A menée par Norwest.
  • 33,4 millions de dollars — montant total levé par la société.
  • 25 % — baisse du coût des nomenclatures revendiquée par Circuit Mind.
  • 4 heures et 13 minutes — temps annoncé pour un design de microcontrôleur au Los Alamos National Laboratory.

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