Google défie Nvidia avec ses puces TPU dans la course à l’IA

Meta envisage d’utiliser les TPU de Google dès 2027, une décision qui secoue le marché des puces IA. Google commercialise désormais ses TPUv7, concurrençant Nvidia sur les infrastructures d’intelligence artificielle.

En 2025, Google accélère sa stratégie en proposant ses Tensor Processing Units (TPU) à des clients externes, dont Meta, qui pourrait les intégrer dans ses data centers dès 2027. Cette évolution marque un tournant dans la bataille des puces dédiées à l’intelligence artificielle, jusqu’ici dominée par Nvidia. La diversification des fournisseurs de matériel IA devient une priorité pour les géants du secteur, soucieux de réduire leur dépendance à Nvidia.

Google ouvre son marché TPU aux acteurs externes

Initialement conçues pour un usage interne, les TPU de Google, lancées en 2018, ont évolué vers des versions plus puissantes, comme la TPUv7 « Ironwood ». Cette puce rivalise désormais avec les GPU de Nvidia en termes de puissance de calcul et de bande passante mémoire, tout en offrant un coût total de possession inférieur d’environ 44 %. Google commercialise ces TPU à des entreprises comme Anthropic, qui pourrait acquérir jusqu’à un million d’unités, combinant achats directs et locations via Google Cloud Platform.

Cette stratégie commerciale a un impact immédiat sur le marché : OpenAI a obtenu une réduction d’environ 30 % sur ses GPU Nvidia en menaçant de basculer vers les TPU. Google investit aussi dans l’amélioration de la compatibilité logicielle, notamment avec PyTorch, pour faciliter l’adoption de ses TPU malgré la prédominance du standard CUDA de Nvidia.

Meta et la diversification des infrastructures IA

Meta, l’un des plus gros investisseurs en infrastructures IA avec un budget estimé entre 70 et 72 milliards de dollars en 2025, envisage de louer ou d’acheter des TPU pour ses centres de données. Cette décision, rapportée par The Information, a provoqué une baisse des actions Nvidia de plus de 4 % tandis que celles d’Alphabet, maison mère de Google, ont progressé de 4,2 %. L’adoption des TPU par Meta représenterait une validation majeure pour Google et renforcerait la concurrence dans un marché longtemps dominé par Nvidia.

Une bataille technologique et économique intense

Les TPU de Google se distinguent par leur capacité à être interconnectées en très grand nombre, jusqu’à 9 216 puces dans un même domaine, facilitant la distribution des tâches d’entraînement massif d’IA. En comparaison, les systèmes Nvidia regroupent généralement 64 à 72 puces. Cette architecture offre un avantage pour les charges de travail à très grande échelle.

Pour contrer cette offensive, Nvidia prépare sa prochaine génération de puces « Vera Rubin », attendue en 2026 ou 2027, avec des innovations comme la mémoire HBM4 et des débits très élevés. Si Nvidia réussit à tenir ses délais et performances, son avance technologique pourrait neutraliser l’avantage tarifaire actuel des TPU. En parallèle, Google développe la TPUv8 avec deux variantes, mais ce projet semble moins ambitieux techniquement et souffre de retards.

Points clés

  • Meta projette d’utiliser les TPU Google dès 2027.
  • OpenAI a obtenu une remise de 30 % sur ses GPU Nvidia grâce à la pression TPU.
  • Anthropic pourrait acquérir jusqu’à un million de TPU.
  • Budget IA de Meta estimé entre 70 et 72 milliards de dollars en 2025.
  • Actions Nvidia ont chuté de plus de 4 % après l’annonce.

En chiffres

  • 2018 — lancement de la première génération de TPU par Google.
  • 44 % — coût total de possession inférieur des TPUv7 par rapport aux GPU Nvidia.
  • 9 216 — nombre maximal de TPU interconnectées dans un domaine unique.
  • 2026-2027 — sortie prévue des puces Nvidia « Vera Rubin ».
  • 1 million — nombre de TPU potentiellement achetées par Anthropic.

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