HPE veut confier la gestion des incidents réseau aux agents IA

HPE étend son automatisation réseau pilotée par l’IA à l’ensemble de son portefeuille hybride. Rami Rahim estime que, d’ici deux à trois ans, les tickets d’incident ne demanderont plus d’intervention humaine.

HPE étend son automatisation réseau pilotée par l’IA à son portefeuille hybride, avec l’idée de réduire puis d’effacer la plupart des tickets d’incident gérés par des humains. Rami Rahim, président et directeur général de l’activité networking de HPE depuis le rachat de Juniper Networks clôturé en juillet 2025, affirme que 70 à 80 % des tickets ne nécessitent déjà pas d’intervention humaine. Selon lui, cette proportion pourrait tomber à zéro d’ici deux à trois ans. Le pari est clair : faire des réseaux capables de surveiller, diagnostiquer et corriger seuls les pannes du quotidien.

Le réseau qui corrige ses propres ennuis

HPE parle de self-driving networks, ou réseaux autonomes pilotés par l’IA : des systèmes qui combinent surveillance assistée, analyse automatique et remédiation, c’est-à-dire correction des problèmes sans action manuelle systématique. Rahim rattache cette approche au champ plus large de l’AIOps, un ensemble d’outils qui applique l’IA aux opérations informatiques pour détecter plus vite les anomalies et lancer des actions. Dans sa vision, le premier bénéfice n’est pas théorique : il concerne les tickets les plus banals, notamment ceux résumés en entreprise par un simple “the Wi-Fi sucks”.

Le responsable de HPE estime que les équipes doivent pouvoir activer les automatismes par paliers, fonction après fonction. Rebooter un port de switch, puis lancer des remédiations plus complexes : la progression doit rester contrôlée. Cette prudence n’empêche pas l’ambition, car l’objectif affiché est de laisser les agents IA traiter les incidents sans attendre un technicien. Petite nuance utile : une machine peut déjà réagir vite, mais elle ne boit pas le café en salle réseau.

Pourquoi HPE pousse ce sujet maintenant

Le calendrier n’est pas anodin. Depuis la finalisation de l’acquisition de Juniper Networks en juillet 2025, HPE réunit des briques issues d’Aruba et de Juniper et affirme avoir déjà rendu leurs outils de pilotage compatibles dans un délai de 18 mois. Rahim cite aussi l’intégration de la gestion de la network fabric avec OpsRamp, le logiciel d’observabilité du groupe pour la pile hybride cloud. Autrement dit, HPE cherche à relier supervision, automatisation et correction dans un même ensemble, plutôt que de vendre des outils séparés.

Cette stratégie répond aussi à un changement de volume. Selon Rahim, les entreprises vont employer de plus en plus d’agents IA, donc de machines qui génèrent du trafic et dépendent d’un réseau fiable pour fonctionner. À mesure que ces usages s’étendent, le réseau devient un sujet de mise à l’échelle autant qu’un sujet d’exploitation. HPE parie que l’infrastructure devra grandir plus vite que les équipes humaines ne peuvent le faire.

Ce que la promesse change pour les DSI

La promesse de HPE touche un sujet très concret pour les directions informatiques : la vitesse de résolution. Rahim dit mesurer le succès de l’automatisation à deux indicateurs, le nombre de tickets liés au Wi-Fi et le temps nécessaire pour les fermer. Dans cette logique, l’IA n’a pas vocation à remplacer d’un coup les administrateurs réseau, mais à absorber les tâches répétitives pour réserver l’intervention humaine aux cas rares, comme le remplacement physique d’un équipement.

Reste une question de confiance, centrale pour le marché. HPE compare l’adoption de ces agents à celle d’autres automatismes désormais courants, comme les transmissions automatiques ou les aides à la conduite. L’argument est connu, mais il compte : plus une fonction agit sans incident visible, plus elle paraît acceptable. Pour les clients de HPE, la vraie bataille ne sera donc pas seulement technique. Elle sera aussi culturelle, car confier le dépannage à une IA demande davantage qu’un tableau de bord bien rangé.

Points clés

  • 70 à 80 % des tickets seraient déjà automatisables, selon Rahim.
  • HPE vise zéro ticket humain en deux à trois ans.
  • L’acquisition de Juniper Networks a été clôturée en juillet 2025.
  • OpsRamp est déjà intégré à la gestion du réseau HPE.
  • Le cas d’usage phare reste le Wi-Fi en entreprise.

En chiffres

  • 70 à 80 % — part des tickets sans intervention humaine, selon Rahim, 2026.
  • 2 à 3 ans — horizon avancé par HPE pour supprimer l’intervention humaine, 2026.
  • 18 mois — délai revendiqué pour la compatibilité des outils Aruba et Juniper, 2026.
  • juillet 2025 — clôture de l’acquisition de Juniper Networks par HPE.

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