Intel, Cisco et Supermicro accélèrent leurs offres pour l’IA en rack

Intel a détaillé trois architectures pour l’IA agentique, tandis que Cisco élargit son offre Secure AI Factory avec Supermicro. En jeu : les puces, les serveurs et le pilotage des gros clusters IA.

Intel a présenté à Hot Chips 2026 trois architectures censées couvrir l’IA agentique du serveur au PC : Diamond Rapids pour le data center, Crescent Island pour l’inférence et Wildcat Lake pour les machines client déjà disponibles. De son côté, Cisco a annoncé l’extension de sa Secure AI Factory avec NVIDIA à des systèmes rack-scale de Supermicro, avec une mise sur le marché prévue en octobre via ses équipes commerciales et ses partenaires. Ces annonces disent la même chose sous deux angles : l’IA ne se joue plus seulement sur le modèle, mais sur tout ce qui l’alimente, de la mémoire au réseau. Et à ce niveau-là, la facture se compte vite en dizaines de milliers de GPU.

Intel veut couvrir du portable au rack, mais tous les blocs ne se valent pas

Chez Intel, le message principal est clair : l’entreprise veut faire tenir la promesse de l’IA agentique sur plusieurs types de produits, avec des rôles bien séparés. Diamond Rapids, que le groupe prévoit de commercialiser sous la marque Xeon 7, doit monter jusqu’à 256 cœurs, avec 1,28 Go de cache dernier niveau, 16 canaux mémoire, 128 lignes PCIe 6 et du CXL 3.0. La puce n’arrivera toutefois qu’en 2027, alors qu’AMD propose déjà une variante 256 cœurs sur EPYC Venice avec hyperthreading, donc davantage de threads effectifs [à vérifier selon les gammes finales].

Crescent Island est le composant le plus intriguant du trio, mais Intel en dit encore peu. Ce GPU d’inférence, conçu pour le data center, repose sur l’architecture Xe3P, avec 32 cœurs, 256 moteurs XMX de troisième génération, 32 Mo de cache L2 unifié et une enveloppe thermique de 350 W avec refroidissement par air. Le choix de la LPDDR5X surprend moins qu’il n’y paraît : Intel semble viser un compromis capacité/coût/consommation pour rendre ses cartes crédibles face à Nvidia et AMD, même si l’entreprise refuse toujours de publier la bande passante mémoire, un paramètre décisif pour le débit de décodage et donc pour l’économie des tokens.

La capacité mémoire suit une logique à deux étages. Les cartes de marque Intel seront limitées à 160 Go, tandis que des versions conçues par des partenaires ODM pourront monter à 480 Go. Une différence qui compte, car les modèles d’IA avalent la mémoire vive avec la délicatesse d’un aspirateur industriel. Intel dit en parallèle que sa future plate-forme doit aller de l’entreprise au laptop, mais la marche reste haute : Wildcat Lake, déjà en vente sous la forme Core Series 3, n’affiche qu’un NPU de 17 TOPS, loin des 40 TOPS demandés par Microsoft pour la certification Copilot+. Intel précise que son chiffre de 40 TOPS est un total de plate-forme, additionnant CPU, GPU et NPU, ce qui atténue le problème sans le faire disparaître.

Cisco parie sur le rack complet plutôt que sur la pièce détachée

Cisco prend un autre chemin, plus proche de l’intégration d’infrastructure que du silicium. L’entreprise élargit sa Secure AI Factory with NVIDIA aux systèmes rack-scale de Supermicro, qu’ils soient à refroidissement liquide ou à air. Le package comprend l’architecture de référence NVIDIA Cloud Partner, les services de validation Cisco, le réseau IA de la marque et une couche d’exploitation unifiée. L’idée est simple : vendre aux entreprises un ensemble déjà cadré, plutôt qu’un chantier où chaque composant doit être assemblé à la main.

Le dispositif de réseau repose sur deux familles de switches. Le frontal s’appuie sur les Cisco N9300 Series avec Cisco Silicon One, tandis que l’arrière du cluster utilise les N9100 Series basés sur le silicium NVIDIA Spectrum-X. Cisco positionne cette architecture pour des clusters allant d’environ 1 000 à plus de 100 000 GPU, avec des configurations visées autour des systèmes NVL72 de Vera Rubin et Grace Blackwell, des HGX NVL8 pour Rubin et B300, ainsi que des plates-formes MGX PCIe. Le message est moins séduisant qu’un slogan de keynote, mais plus utile pour un DSI : tout le monde n’a pas envie de jouer aux Lego avec des serveurs d’IA à six chiffres.

Supermicro apporte ici la brique matérielle et le rythme industriel. Cisco prévoit de commercialiser ces systèmes à partir d’octobre via ses ventes directes et son réseau de distribution, avec support et services de cycle de vie inclus. En revanche, la maintenance physique des serveurs resterait du ressort de Supermicro pour les remplacements de composants comme un SSD ou un GPU, selon les échanges rapportés dans la source. Cisco ajoute aussi une couche de gestion commune, Cloud Control, attendue au quatrième trimestre 2026, qui doit réunir connexion, inventaire, topologie, gestion réseau et supervision de l’alimentation et du refroidissement dans une seule console.

Pourquoi ces annonces comptent pour le marché de l’IA

Ces deux mouvements disent beaucoup sur la maturité du marché. Intel tente de reprendre pied sur plusieurs niveaux de la chaîne, du client au data center, mais avec un retard de calendrier visible sur le très haut de gamme. Cisco, lui, capitalise sur sa force historique dans le réseau et la supervision pour devenir le chef d’orchestre des infrastructures IA, en s’appuyant sur Supermicro pour la cadence serveur et sur NVIDIA pour l’accélération. Dans les deux cas, la bataille ne se limite plus aux performances brutes ; elle se joue aussi sur la consommation, la mémoire, l’intégration, le support et la vitesse de déploiement.

Pour les acheteurs, le critère n’est plus seulement “quelle puce est la plus rapide ?”, mais “qui peut livrer un système exploitable sans transformer l’équipe en service de montage”. Les entreprises qui veulent industrialiser l’IA ont besoin de chaînes complètes, de la carte au pilotage, et c’est précisément là que les fournisseurs cherchent à se différencier. Entre le silicium, les racks et les logiciels d’exploitation, le vrai produit devient souvent l’ensemble, pas la pièce brillante sur la fiche technique.

Points clés

  • Intel présente trois architectures à Hot Chips 2026.
  • Diamond Rapids monte à 256 cœurs, avec une sortie en 2027.
  • Crescent Island affiche 350 W et 160 Go chez Intel.
  • Wildcat Lake arrive déjà en Core Series 3.
  • Cisco ouvrira l’offre Supermicro en octobre.
  • Cloud Control est attendu au quatrième trimestre 2026.

En chiffres

  • 256 cœurs — configuration maximale de Diamond Rapids, selon Intel, à Hot Chips 2026.
  • 17 TOPS — NPU de Wildcat Lake, d’après Intel, sur les machines client déjà livrées.
  • 40 TOPS — seuil Microsoft pour Copilot+, utilisé comme référence par Intel.
  • 480 Go — capacité visée par des cartes partenaires de Crescent Island, selon Intel.
  • 100 000 GPU — échelle haute visée par Cisco pour ses architectures de référence.

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