L’ONU alerte sur une fracture mondiale accélérée par l’IA en 2025

Un rapport du PNUD met en garde contre une accélération inégale de l’adoption de l’IA, creusant les écarts entre pays développés et en développement, notamment en Asie-Pacifique. Femmes, jeunes et zones rurales restent particulièrement vulnérables.

En décembre 2025, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a publié un rapport soulignant une fracture mondiale grandissante liée à l’intelligence artificielle (IA). Alors que certains pays avancent à grande vitesse dans l’adoption de ces technologies, d’autres peinent à suivre, risquant de creuser des inégalités déjà profondes. Cette dynamique pourrait inverser des décennies de progrès en matière de réduction des écarts de développement, notamment dans la région Asie-Pacifique, où l’accès à l’IA reste très inégal.

Une adoption de l’IA plus rapide que jamais, mais inégale

Le rapport met en lumière une accélération sans précédent dans l’intégration de l’IA, qui se déploie désormais en quelques mois, contre plusieurs décennies pour les révolutions technologiques précédentes. Les pays dotés d’infrastructures numériques robustes, de compétences avancées et d’une gouvernance adaptée tirent déjà parti de cette accélération. En revanche, les États moins équipés risquent de rester marginalisés durablement.

La région Asie-Pacifique illustre parfaitement cette tension : elle concentre plus de la moitié des utilisateurs mondiaux d’IA, mais seulement 14 % de sa population utilise réellement ces outils. Près d’un quart des habitants y est encore hors ligne, et les femmes d’Asie du Sud sont jusqu’à 40 % moins susceptibles que les hommes de posséder un smartphone, limitant leur accès aux technologies numériques.

Un potentiel économique important mais des disparités persistantes

La Chine domine l’innovation en IA, détenant près de 70 % des brevets liés à cette technologie. D’autres pays comme Singapour et la Corée du Sud investissent massivement dans les infrastructures et les compétences numériques. Ces efforts pourraient permettre à la région d’augmenter sa croissance annuelle d’environ 2 points et d’améliorer la productivité jusqu’à 5 % dans des secteurs clés tels que la santé ou la finance.

Cependant, ces bénéfices restent incertains tant que les disparités structurelles perdurent. L’accès inégal aux compétences numériques, notamment en zones rurales où moins d’un habitant sur quatre maîtrise des outils comme les tableurs, freine l’inclusion et la montée en compétences.

Les populations les plus exposées aux risques sociaux

Le rapport insiste sur les vulnérabilités sociales exacerbées par l’IA. Les emplois occupés par les femmes sont presque deux fois plus exposés à l’automatisation que ceux des hommes, ce qui menace leur stabilité professionnelle. Les jeunes, quant à eux, voient déjà leur insertion professionnelle fragilisée dans les métiers sensibles à l’IA, compromettant le démarrage de leur carrière.

Les zones rurales, où l’accès aux compétences numériques est limité, constituent un autre verrou majeur. Ces inégalités risquent d’amplifier les fractures sociales si aucun cadre politique et réglementaire adapté n’est mis en place.

Une gouvernance encore insuffisante face aux défis de l’IA

Malgré le potentiel transformateur de l’IA dans l’action publique, de la prévision des catastrophes naturelles à la modernisation des services sociaux, très peu de pays disposent aujourd’hui de réglementations globales pour encadrer ces technologies. Le rapport de l’ONU souligne que la trajectoire future dépendra largement des politiques publiques, des investissements dans les compétences et de la capacité des États à réduire l’écart entre ceux qui façonnent l’IA et ceux qui en subissent les effets.

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