Les agents IA se sécurisent à leur tour, avec deux levées record
Horizon3 et Zenity ont levé respectivement 250 millions et 125 millions de dollars. Les deux sociétés misent sur des agents IA capables d’attaquer ou de surveiller des systèmes, au moment où ces outils gagnent du terrain en entreprise.
La cybersécurité entre dans une phase plus automatique, et pas seulement côté attaque. Horizon3 a levé 250 millions de dollars en série E, tandis que Zenity a bouclé une série C de 125 millions de dollars pour protéger les agents IA en entreprise. Dans les deux cas, l’enjeu est le même : faire face à des logiciels capables d’agir, pas seulement de répondre. Cela change la manière de tester, de corriger et de surveiller les systèmes.
Quand les machines attaquent ou surveillent à la place des équipes
Horizon3, qui développe la plateforme NodeZero, veut transformer le test d’intrusion en processus continu. Son outil lance des attaques autonomes sur les réseaux internes, les environnements cloud, Kubernetes ou l’infrastructure externe, puis documente les chemins réellement exploitables. La société dit avoir effectué environ 310 000 tests en production et travailler avec plus de 7 000 organisations, dont quatre entreprises du Fortune 10.
Zenity prend l’autre versant du problème. La société surveille les agents IA qui accèdent à des données, invoquent des outils et exécutent des tâches opérationnelles. Son approche couvre la découverte des agents, la gestion de leur posture de sécurité et la détection-réponse au moment où ils agissent. En clair, il ne s’agit plus seulement de lire ce qu’un modèle écrit, mais de contrôler ce qu’il peut faire. Un détail qui évite bien des sueurs froides aux RSSI.
Deux paris différents, une même idée : l’IA ne doit pas rester incontrôlée
Chez Horizon3, l’argument commercial repose sur l’écart entre vulnérabilité théorique et impact réel. NodeZero ne s’arrête pas à une liste de failles ; il cherche à enchaîner les faiblesses pour prouver qu’un attaquant peut aller jusqu’à des privilèges administratifs ou à des données sensibles. L’entreprise précise que ses modèles génératifs ne créent pas directement les exploits : les actions d’attaque restent déterministes, prévalidées et limitées par la configuration de test.
Zenity, elle, parle d’un problème de « couche agent ». Son logiciel inventorie les agents présents dans les environnements SaaS, les clouds publics ou les postes de travail, puis évalue leurs permissions, leurs outils connectés et leurs actions en temps réel. L’idée est de bloquer ou modifier une action avant qu’elle ne produise un incident, y compris quand l’agent se comporte comme prévu mais dispose de droits trop larges.
Un marché encore jeune, mais déjà très encombré
Les deux tours de table racontent aussi une chose simple : les investisseurs voient désormais la sécurité des agents IA comme un segment distinct, et non comme une simple fonctionnalité ajoutée à des produits cloud ou IAM. Zenity a été financée par Norwest, Qumra Capital, SoftBank Vision Fund 2, Hitachi Ventures et LG Technology Ventures, avec la participation d’anciens investisseurs. Horizon3 a, de son côté, vu revenir NEA et NightDragon, tandis que de nouveaux entrants comme Sapphire Ventures, PSG ou SAIC ont rejoint le tour.
Reste une difficulté très concrète : automatiser la défense sans automatiser les erreurs. Horizon3 veut aller vers des agents bleus capables de corriger des problèmes détectés par NodeZero, puis de vérifier que la faille est bien fermée. Zenity cherche, elle, à empêcher un agent de dépasser son mandat, que ce soit dans Microsoft 365 Copilot, Salesforce Agentforce, ChatGPT Enterprise ou des outils construits sur AWS Bedrock, Azure AI Foundry et Google Vertex AI. La promesse est séduisante, mais le contrôle fin des permissions restera la partie la moins glamour, et sans doute la plus décisive, du dossier.
Points clés
- Horizon3 lève 250 millions de dollars en série E.
- Zenity obtient 125 millions de dollars en série C.
- Horizon3 dit avoir réalisé 310 000 tests en production.
- Zenity affirme avoir doublé puis triplé son chiffre d’affaires sur deux ans.
- NodeZero compte plus de 7 000 organisations clientes.
- Zenity vise l’Europe et l’Asie-Pacifique avec ce tour.
En chiffres
- 250 millions de dollars — levés par Horizon3 en série E, selon l’annonce.
- 125 millions de dollars — levés par Zenity en série C, selon l’annonce.
- 310 000 tests — réalisés en production par Horizon3, chiffre communiqué par l’entreprise.
- 7 000 organisations — utilisatrices de NodeZero, selon Horizon3.
- Plus de 230 employés — effectif revendiqué par Zenity.