Microsoft durcit Copilot dans Office et sous pression sur ses tarifs
Microsoft pousse Copilot plus visible dans Outlook classique, alors qu’au Royaume-Uni le régulateur examine sa hausse de prix dans Microsoft 365. Deux sujets distincts, mais une même question: comment imposer l’IA sans brouiller le choix de l’utilisateur.
Microsoft avance sur deux fronts autour de Copilot, son assistant d’IA intégré à Microsoft 365. D’un côté, l’éditeur va rendre l’accès à Copilot plus visible dans Outlook classique, avec un bouton repensé au-dessus du ruban à partir de la fin août pour les utilisateurs disposant d’une licence Microsoft 365 Copilot. De l’autre, la Competition and Markets Authority (CMA), le régulateur britannique, enquête sur la hausse de prix appliquée aux abonnements grand public après l’ajout de Copilot en janvier 2025. Dans les deux cas, la même tension apparaît: faire entrer l’IA partout, sans donner l’impression de l’imposer.
Copilot gagne en visibilité dans Outlook classique
Dans Classic Outlook, Microsoft remplace l’accès actuel par une nouvelle entrée placée au-dessus du ruban. L’éditeur parle d’une interface « more visually appealing and consistent », et la mise à jour doit être disponible par défaut pour les détenteurs d’une licence Microsoft 365 Copilot. Le bouton ne supprime pas le panneau latéral existant; il en propose simplement un chemin d’accès plus direct.
Le mouvement aligne Outlook classique sur Word, Excel et PowerPoint, où Copilot est déjà affiché au même endroit. Selon la feuille de route Microsoft 365, cette présentation doit « anchor Copilot as one connected system across Microsoft 365, surfacing relevant actions that help you stay in flow. » Une formulation très Microsoft, donc, mais l’intention est claire: rendre l’assistant plus visible dans les usages quotidiens, et réduire la friction au moment où l’utilisateur rédige, résume ou répond à un message.
Cette stratégie n’arrive pas sur un terrain vierge. Microsoft a déjà dû revenir sur un bouton Copilot flottant dans Word, Excel et PowerPoint, mal accueilli par certains utilisateurs. Ici, le bouton reste au-dessus du ruban plutôt qu’en surimpression dans la boîte de réception. Les administrateurs, eux, devront anticiper les questions de support. Le genre de détail qui semble mineur sur un slide, puis devient une vraie ligne de tickets.
Le régulateur britannique regarde la facture
Au Royaume-Uni, la CMA examine si Microsoft a correctement informé ses clients quand l’entreprise a ajouté des fonctions, dont Copilot, aux abonnements Microsoft 365 grand public en janvier 2025. À renouvellement, les clients étaient automatiquement basculés vers une formule plus chère incluant ces fonctions, sauf s’ils changeaient de plan ou résiliaient. Microsoft proposait aussi un plan « Classic », moins cher et sans IA, mais le maintien sur la version avec Copilot coûtait 25 £ de plus par an.
Le régulateur veut savoir si les clients ont reçu « key information about the plans and the difference in cost to understand the options available to them before making a decision ». Hayley Fletcher, senior director for consumer protection à la CMA, a résumé l’enjeu ainsi: « When a business changes its subscription plans, customers need clear and timely information about their options. Our investigation will consider whether Microsoft customers were misled and ended up paying more as a result. » À ce stade, l’enquête est préliminaire et la CMA n’a pas établi de violation du droit de la consommation.
Microsoft dit revoir les griefs du régulateur et affirme que « Consumer trust and transparency are priorities for Microsoft ». L’entreprise assure aussi vouloir coopérer avec la CMA au fil de l’enquête. Le dossier britannique intervient après d’autres tensions sur le même sujet, notamment des questions du comité parlementaire britannique Science, Innovation, and Technology l’an dernier, ainsi qu’une pression des régulateurs australiens, qui ont obtenu des excuses de la branche locale pour un manque de clarté sur le plan Classic.
Ce que ce double mouvement dit de la stratégie de Microsoft
Pris ensemble, les deux dossiers racontent une stratégie assez lisible: Copilot n’est plus un ajout discret, c’est un élément de structure dans Microsoft 365. L’éditeur cherche à normaliser sa présence dans les outils du quotidien, de la boîte mail au document de travail, tout en transformant la version avec IA en nouvel étalon commercial. Le problème, pour Microsoft, tient moins à la technologie qu’à la lisibilité de l’offre. Quand un assistant devient omniprésent, la question du consentement remonte vite sur le bureau — et pas seulement celui des utilisateurs.
Le calendrier ajoute une couche de complexité. Microsoft indique que les installations existantes de Classic Outlook resteront prises en charge au moins jusqu’en 2029, tandis que le délai de sortie du nouvel Outlook sans option de retour a été repoussé à 2027. Autrement dit, l’éditeur a encore du temps pour faire cohabiter plusieurs interfaces. Mais à mesure que Copilot s’installe dans plus de produits, la facture de l’IA, technique comme commerciale, devient plus visible pour les clients et pour les régulateurs.
Points clés
- Copilot devient plus visible dans Classic Outlook dès fin août 2026.
- La CMA enquête sur la hausse de prix liée à Microsoft 365.
- En janvier 2025, Microsoft a ajouté Copilot aux abonnements grand public.
- Le plan Classic évite l’IA et la hausse de 25 £ par an.
- Microsoft 365 Copilot doit s’afficher par défaut pour certains utilisateurs.
- Les installations de Classic Outlook restent supportées au moins jusqu’en 2029.
En chiffres
- janvier 2025 — ajout de Copilot aux abonnements Microsoft 365 grand public.
- 25 £ par an — surcoût du plan avec Copilot au Royaume-Uni.
- fin août 2026 — début du déploiement du nouveau bouton Copilot dans Outlook classique.
- 2027 — fin repoussée de l’option de sortie du nouvel Outlook.
- 2029 — support minimal annoncé pour les installations existantes de Classic Outlook.