Microsoft prépare une super app Copilot qui mêle chat, code et agents
Microsoft a confirmé travailler sur une super app Copilot, attendue cette année, qui réunira chat, code et fonctions agentiques. L’entreprise pousse aussi ses usages en entreprise, avec 30 millions de licences Copilot et près de 40 millions d’agents.
Microsoft prépare une super app Copilot, un outil qui doit réunir le chat, le code et des fonctions dites agentiques, c’est-à-dire capables d’exécuter des tâches avec une certaine autonomie. Satya Nadella a confirmé lors de la publication des résultats trimestriels que cette application doit arriver cette année et couvrir à la fois les usages grand public et professionnels. Le mouvement compte, car il dit assez clairement où Microsoft veut placer Copilot : au centre du travail numérique, pas en périphérie.
Une app unique pour faire tenir plusieurs Copilot dans la même interface
Le projet vise à regrouper plusieurs briques déjà connues de Microsoft. Satya Nadella a expliqué que l’entreprise allait réunir « code, in one super app… » et que « Copilot is evolving rapidly from chat to Cowork to Autopilots ». Selon The Verge, cette super app doit fusionner Copilot chatbot, GitHub Copilot, Copilot Cowork et le système agentique Autopilot. Autrement dit, Microsoft cherche à éviter l’effet tiroir où l’utilisateur saute d’un produit à l’autre. Le pari est simple à comprendre, même si l’assemblage, lui, sera moins simple à vendre aux équipes IT.
Cette orientation s’inscrit dans une séquence plus large. Microsoft a déjà multiplié les usages de Copilot dans ses logiciels de productivité, puis dans ses outils pour développeurs et dans ses agents métiers. La future app doit donc servir de point d’entrée unique, avec une promesse de continuité entre discussion, génération de code et exécution de tâches.
Les chiffres montrent que Microsoft pousse fort sur l’IA
Au-delà de la nouvelle interface, les résultats publiés par Microsoft montrent l’ampleur de l’investissement. Sur le trimestre fiscal clos fin juin 2026, le groupe a annoncé une croissance du chiffre d’affaires de 18 % sur un an et un revenu Azure supérieur à 100 milliards de dollars pour la première fois. Satya Nadella a aussi indiqué que la société avait ajouté 31 nouveaux centres de données sur cinq continents.
Sur Copilot, Microsoft met en avant plus de 30 millions de sièges payants Microsoft 365 Copilot. Le nombre de conversations par utilisateur a presque doublé sur un an, et l’engagement hebdomadaire est désormais comparable à celui d’Outlook et Teams, selon Nadella. Dans le même temps, l’entreprise dit avoir enregistré près de 40 millions d’agents dans plus de 10 000 sociétés depuis le lancement d’Agent 365, il y a deux mois. Ce n’est pas un simple gadget de tableau de bord.
- 30 millions — sièges payants Microsoft 365 Copilot, selon Microsoft, 2026.
- 40 millions — agents enregistrés dans plus de 10 000 entreprises.
- 18 % — croissance du chiffre d’affaires sur un an au trimestre fiscal clos fin juin 2026.
- 31 — nouveaux centres de données ajoutés sur cinq continents.
- 100 milliards de dollars — revenu Azure franchi pour la première fois.
Le vrai enjeu : prouver que l’IA fait plus que faire gagner du temps
Microsoft ne vend plus seulement un gain de productivité, mais une transformation de la manière de travailler. Dans les premières phases d’adoption de l’IA, le discours portait surtout sur le temps économisé. Désormais, avec les agents, l’entreprise défend une logique plus large : analyse, exécution, priorisation, assistance continue. Selon Matt Firestone, responsable du marketing produit Copilot, l’objectif est de permettre « deeper cognitive work across the ecosystem ». Il ajoute : « It’s not just about automating everything that we need to do to be more efficient. It’s about developing that judgment. »
Cette bascule a des conséquences concrètes pour les entreprises. Microsoft cite Kantar, qui utilise 10 agents pour traiter certaines demandes RH et dit avoir automatisé plus de 40 % de ces requêtes, avec un objectif de 95 % d’ici la fin de l’année. L’enjeu n’est donc plus seulement de répondre à une question, mais de prendre en charge une partie du flux de travail. C’est là que la facture change, tout comme les attentes des clients, des dirigeants et des investisseurs.
Pour Microsoft, le moment est favorable. Les usages en entreprise montent, les revenus IA aussi, et la société peut désormais faire valoir que ses outils ne vivent plus séparément. La super app Copilot doit matérialiser cette stratégie. Reste à voir si les utilisateurs y verront un centre de gravité pratique ou juste un nouvel onglet de plus dans la journée de travail.