Microsoft se retire d’un centre d’IA britannique faute d’électricité
Microsoft a quitté le contrat d’un centre de données d’IA à Loughton, près de Londres, faute d’accès électrique suffisant. L’épisode illustre la pression croissante sur le réseau britannique, alors que les projets d’infrastructures IA s’empilent.
Microsoft s’est retiré d’un contrat avec la start-up britannique Nscale pour un centre de données d’intelligence artificielle à Loughton, dans l’Essex, près de Londres. Le site devait devenir le plus grand supercalculateur d’IA du Royaume-Uni, mais son raccordement électrique ne suit pas le calendrier prévu. Selon les informations rapportées, la cause est simple et très peu glamour : le réseau ne fournit pas assez vite la puissance demandée.
Un projet pensé pour l’IA, mais coincé par le réseau
Annoncé en septembre 2025, le projet devait accueillir 23 040 processeurs graphiques Nvidia GB300 dès le premier trimestre 2027, afin d’alimenter Microsoft Azure. Sa capacité initiale était évaluée à 50 mégawatts, avec une extension possible à 90 mégawatts. À cette échelle, l’infrastructure électrique n’est plus un détail technique ; elle devient le facteur qui décide si le centre de données existe, ou reste sur papier.
Le blocage vient de l’accès au réseau britannique. Nscale aurait été prévenue que le site ne pourrait pas recevoir une alimentation suffisante avant les années 2030, soit bien après la date d’ouverture annoncée. En juin, 315 projets de centres de données attendaient déjà un raccordement au Royaume-Uni. Autrement dit, les files d’attente ne concernent plus seulement les banques ou les aéroports : elles touchent aussi les fermes de GPU.
Un signal pour les géants de l’IA
Ce retrait ne remet pas en cause toute la relation entre Microsoft et Nscale, notamment en Norvège, mais il fragilise un projet emblématique du partenariat technologique entre Londres et Washington. Microsoft avait promis 30 milliards de dollars d’investissement au Royaume-Uni entre 2025 et 2028, dont 15 milliards pour les infrastructures numériques. Le contrat de Loughton comptait parmi les pièces les plus visibles de cet engagement.
Pour Nscale, le timing est délicat. Soutenue financièrement par Nvidia, la société britannique a engagé en septembre une procédure d’introduction en Bourse à New York, avec une valorisation visée d’environ 35 milliards de dollars. Son prospectus fait état de 103,4 milliards de dollars de contrats cumulés à fin août, mais ces promesses reposent sur des infrastructures livrées à temps. Au premier semestre 2026, Nscale n’a déclaré qu’environ 141 millions de dollars de chiffre d’affaires, pour une perte nette proche d’un milliard de dollars.
Interrogée par le Guardian, Nscale dit rester engagée dans le projet et chercher des solutions alternatives d’alimentation électrique. La réponse est prudente, car la demande explose plus vite que les câbles, et les câbles, eux, ne font pas de communiqué.
Points clés
- Microsoft quitte le contrat Nscale à Loughton, près de Londres.
- Le site visait 23 040 GPU Nvidia GB300 dès 2027.
- Capacité prévue: 50 MW, extensible à 90 MW.
- 315 projets attendaient un raccordement au Royaume-Uni en juin.
- Microsoft promettait 30 milliards de dollars au Royaume-Uni.
- Nscale vise 35 milliards de dollars de valorisation à New York.
En chiffres
- 23 040 — GPU Nvidia GB300 prévus à Loughton, selon l’annonce de septembre 2025.
- 50 mégawatts — capacité électrique initiale estimée du site, extensible à 90 MW.
- 315 — projets de centres de données en attente de raccordement au Royaume-Uni, en juin.
- 30 milliards de dollars — investissement promis par Microsoft au Royaume-Uni entre 2025 et 2028.
- 103,4 milliards de dollars — contrats cumulés affichés par Nscale à fin août 2026.