OpenAI conteste Apple sur les secrets industriels et les accès internes

OpenAI riposte publiquement à la plainte d’Apple sur d’anciens salariés accusés d’avoir emporté des secrets industriels. La société dit que les échanges cités prouvent surtout une mauvaise gestion des accès chez Apple.

OpenAI a répliqué le 4 août 2026 à la plainte d’Apple, qui l’accuse d’avoir récupéré des informations confidentielles via d’anciens salariés. La société de Sam Altman affirme que la procédure repose sur des faits mal présentés et sur des échanges internes qu’Apple aurait mal interprétés. L’affaire compte, car elle mélange secrets industriels, recrutement de talents et rivalité autour des futurs produits d’IA et de matériel. Et, au passage, elle donne un rare aperçu des coulisses d’un conflit entre deux géants qui préfèrent d’ordinaire parler de design que de procédure civile.

Une défense publique pour répondre coup pour coup

Dans son billet intitulé “Apple is getting this wrong”, OpenAI rejette l’idée d’un vol de secrets commerciaux et décrit la plainte d’Apple comme “careless, aggressive, and oddly personal” selon The Verge. L’entreprise ne se contente pas d’un démenti général : elle publie des échanges de messages et de courriels pour contester la chronologie avancée par son rival. Cette stratégie vise autant le tribunal que l’opinion publique.

Le cœur du désaccord porte sur la première prise de contact entre les deux groupes. Apple soutient avoir alerté OpenAI dès février sans réponse, mais OpenAI affirme que les avocats externes d’Apple ont envoyé leur message à la mauvaise personne, “après avoir confondu deux noms de famille asiatiques”. La société ajoute qu’Apple n’a pas discuté de ses griefs précis avec son directeur juridique avant de déposer plainte, et qu’un silence de cinq mois a suivi des échanges initiaux décrits comme destinés à “régler les problèmes”.

Chang Liu, Tang Tan et la question des accès résiduels

La plainte d’Apple vise surtout deux anciens cadres passés chez OpenAI : Chang Liu, ex-ingénieur senior chez Apple, et Tang Tan, ancien vice-président du design produit et aujourd’hui lié à la partie hardware d’OpenAI via io, la startup rachetée par l’entreprise. Apple affirme qu’ils auraient emporté des informations sur des technologies non dévoilées. OpenAI répond que les faits cités racontent autre chose, notamment dans le cas de Chang Liu.

Selon OpenAI, des employés d’Apple auraient eux-mêmes sollicité Chang Liu pour retrouver des fichiers après son départ, le 22 janvier 2026. L’entreprise retourne donc l’argument du “résiduel d’accès” et accuse Apple de gérer imparfaitement les droits système lors des départs, laissant parfois des comptes actifs sans que les anciens salariés en aient conscience. OpenAI dit en substance que le problème ne vient pas d’une extraction organisée de données, mais d’une hygiène numérique bancale côté Apple.

Pour Tang Tan, Apple soutient qu’il aurait demandé des informations confidentielles pendant des entretiens d’embauche et encouragé des candidats à montrer des composants sur lesquels ils avaient travaillé. OpenAI réplique qu’il a toujours été clair avec ses équipes sur l’interdiction d’utiliser des informations confidentielles d’autres entreprises. La nuance est importante : entre une politique interne affichée et une intention réelle, il y a un gouffre que les juges devront peut-être creuser.

Une dispute juridique qui prolonge une tension déjà ancienne

OpenAI qualifie aussi d’infondée la demande d’injonction préliminaire d’Apple, déposée pour empêcher Chang Liu, Tang Tan et OpenAI d’accéder, d’utiliser ou de divulguer les informations visées pendant la procédure. L’entreprise dit ne vouloir “aucun secret commercial” de son concurrent et accuse Apple de réécrire le récit plutôt que d’ouvrir un dialogue.

Cette passe d’armes ne sort pas de nulle part. Les relations entre les deux groupes s’étaient déjà tendues autour de l’intégration de ChatGPT dans Siri en mai 2026, OpenAI estimant en interne qu’Apple n’avait jamais pleinement joué le jeu du partenariat conclu en 2024. Dans ce contexte, l’arrivée annoncée de Gemini comme moteur privilégié du futur Siri avait ajouté une couche de friction. OpenAI avait d’ailleurs déjà mandaté des avocats pour examiner une action contre Apple.

Au fond, le dossier dit quelque chose de plus large sur le marché : les alliances de circonstance entre géants de l’IA et plateformes mobiles tiennent tant que les intérêts convergent. Quand ils se croisent, les litiges suivent vite. Et les messages internes deviennent, eux aussi, des pièces à conviction.

Points clés

  • OpenAI a publié sa défense le 4 août 2026.
  • Apple avait déposé sa plainte le 10 juillet 2026.
  • Deux anciens cadres sont au centre du dossier : Chang Liu et Tang Tan.
  • OpenAI conteste un contact initial mal dirigé par les avocats d’Apple.
  • L’entreprise vise aussi la demande d’injonction préliminaire d’Apple.

En chiffres

  • 4 août 2026 — publication de la réponse d’OpenAI.
  • 10 juillet 2026 — dépôt de la plainte d’Apple.
  • 5 mois — délai évoqué par OpenAI entre premiers échanges et plainte.
  • 22 janvier 2026 — date de départ de Chang Liu citée dans la défense.

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