PISA 2025 mesure pour la première fois l’usage scolaire de l’IA
L’OCDE publie PISA 2025, avec un premier indicateur sur l’usage scolaire de l’IA générative. La France reste sous la moyenne OCDE sur plusieurs usages numériques et sur l’évaluation des contenus produits par l’IA.
L’OCDE a publié PISA 2025 le 8 septembre 2026, avec pour la première fois une mesure de l’usage scolaire de l’IA générative. L’enquête porte sur 760 000 élèves dans 91 pays et met aussi en lumière les fragilités françaises en compréhension de l’écrit, en mathématiques et dans l’encadrement du numérique à l’école. Le sujet compte car il ne s’agit plus seulement de savoir si les élèves utilisent des outils numériques, mais comment ils les utilisent, et avec quelle maîtrise.
L’IA entre dans les statistiques scolaires, pas encore dans les certitudes
Le tableau I.6 de PISA croise plusieurs indicateurs inédits sur les usages numériques en classe. En France, 37,4 % des élèves disent apprendre au moins une fois par semaine avec l’IA, contre 45,5 % en moyenne OCDE. Dans le même temps, 46,8 % déclarent apprendre à évaluer la qualité des informations générées par l’IA, loin des 62,6 % observés en moyenne dans l’OCDE.
Ce décalage dit quelque chose de simple : l’outil circule, mais la méthode suit moins vite. L’OCDE souligne d’ailleurs que les résultats sont « complexes ». Les élèves qui n’utilisent pas l’IA pour rédiger leurs travaux écrits obtiennent globalement de meilleurs résultats que les utilisateurs, mais parmi les utilisateurs très réguliers, ceux qui ont appris à juger la fiabilité des contenus générés s’en sortent mieux que les autres. Sans boussole, le chatbot fait surtout du bruit.
La France en retrait sur le numérique éducatif
Au-delà de l’IA, la France apparaît en dessous de la moyenne OCDE sur l’indice global de « capacité des établissements à améliorer l’apprentissage grâce au numérique » : -0,25 contre -0,03. Le pays obtient aussi 497 points dans la nouvelle évaluation de résolution de problèmes en contexte computationnel, quasiment au niveau de la moyenne OCDE fixée à 500 points.
Ces données restent déclaratives, car elles reposent sur ce que les élèves rapportent et non sur une mesure instrumentée de leurs usages. L’OCDE insiste toutefois sur un point récurrent : l’impact du numérique n’est ni bon ni mauvais par nature. Il dépend du dosage, du cadre pédagogique et, assez prosaïquement, du fait que l’outil serve à apprendre plutôt qu’à tuer le temps.
Des téléphones peu bannis, une distraction bien réelle
Le rapport met aussi en avant un autre sujet très concret : l’attention. En France, 44,8 % des élèves disent ne pas être distraits par les appareils numériques en classe, contre 39,2 % en moyenne OCDE. Mais seuls 27,1 % déclarent étudier dans un établissement où les téléphones sont formellement interdits, alors que la moyenne OCDE atteint 49,5 %.
Selon le texte, une interdiction légale du téléphone portable au lycée est prévue en 2026 [à vérifier]. Pour l’heure, l’OCDE décrit aussi une « distraction passive » : plus d’un élève sur quatre affirme que ses camarades sont distraits pendant la plupart des cours. Et cela pèse sur les résultats, l’engagement et le sentiment d’appartenance à l’établissement. L’école française ne manque donc pas seulement d’outils ou de règles ; elle doit surtout décider ce qu’elle attend vraiment du numérique.
Points clés
- 760 000 élèves interrogés dans 91 pays, selon l’OCDE.
- 37,4 % des élèves français utilisent l’IA chaque semaine.
- 46,8 % apprennent à évaluer les contenus générés par l’IA.
- 27,1 % seulement étudient dans un établissement sans téléphone.
- 497 points pour la France en résolution de problèmes computationnels.
- PISA 2025 est publié le 8 septembre 2026.
En chiffres
- 760 000 élèves — échantillon PISA 2025, 91 pays, OCDE.
- 37,4 % — élèves français utilisant l’IA au moins une fois par semaine.
- 45,5 % — moyenne OCDE sur le même indicateur.
- 27,1 % — élèves français en établissement avec interdiction formelle du téléphone.
- 497 points — France, résolution de problèmes en contexte computationnel.