Zoox obtient le droit de facturer ses robotaxis aux États-Unis
Le service de taxis autonomes de Zoox, soutenu par Amazon, peut désormais facturer ses courses aux États-Unis. Las Vegas servira de première vitrine, sous conditions strictes imposées par le régulateur.
Zoox, le service de robotaxis soutenu par Amazon, a obtenu l’autorisation de commencer à facturer ses courses aux États-Unis. Cette décision de la NHTSA, annoncée le 30 juillet 2026, fait passer l’entreprise de la phase de test à une exploitation commerciale encadrée. Première ville concernée : Las Vegas. Pour un véhicule sans volant ni pédales, le passage du bac à sable à la caisse enregistreuse n’avait rien d’automatique.
Une autorisation qui change enfin la règle du jeu
La NHTSA, l’agence américaine chargée de la sécurité routière, a accordé à Zoox une « dérogation temporaire » qui l’autorise à faire payer des trajets jusque-là gratuits. Les robotaxis de l’entreprise ont été conçus uniquement pour la conduite autonome, ce qui explique leur architecture particulière : pas de volant, pas de pédales, donc pas de conduite humaine possible en secours. Cette absence de commandes classiques a longtemps freiné leur mise sur le marché, même si Zoox transportait déjà des passagers à titre d’essai dans des villes comme San Francisco et Las Vegas.
La différence est simple, mais décisive : tant que les trajets restaient expérimentaux, ils ne pouvaient pas être monétisés. Désormais, le service franchit un seuil commercial. En pratique, Zoox devient l’un des premiers acteurs américains à pouvoir exploiter un robotaxi entièrement autonome dans un cadre payant, avec les limites fixées par le régulateur.
Las Vegas d’abord, la Californie ensuite [à vérifier]
Las Vegas sera la première ville où les courses pourront être tarifées. D’autres zones pourront suivre, mais seulement après validation des exigences propres à chaque État. En Californie, où Zoox teste aussi ses véhicules à San Francisco, l’entreprise doit encore obtenir l’accord du DMV local [à vérifier]. Autrement dit, le feu vert fédéral ne suffit pas à lui seul ; la carte américaine des robotaxis ressemble encore à un puzzle réglementaire.
La dérogation s’accompagne de contraintes précises. Zoox doit limiter sa flotte commerciale à 2 500 véhicules par an pendant deux ans. Le régulateur prévoit aussi une « structure de surveillance renforcée et adaptable » pour suivre l’évolution technologique du service. Cette combinaison de liberté commerciale et de contrôle serré résume bien l’état du marché : l’autonomie totale avance, mais sous laisse courte.
Ce que cela dit du marché des robotaxis
L’autorisation donnée à Zoox compte aussi pour la concurrence. Waymo facture déjà ses trajets depuis plusieurs années, mais son modèle repose sur des véhicules plus proches des voitures classiques. Zoox, lui, mise sur un véhicule pensé dès le départ pour rouler sans intervention humaine. Cette approche attire les investisseurs et les curieux, tout en compliquant les échanges avec les régulateurs.
Dans le même mouvement, la NHTSA a annoncé d’autres assouplissements pour les véhicules autonomes, dont la possibilité de commercialiser temporairement un nombre limité de véhicules « non conformes » afin de tester de nouvelles technologies. Ce cadre pourrait intéresser d’autres acteurs, Tesla en tête avec son Cybercab, lui aussi conçu sans volant ni pédales. La bataille ne se joue donc pas seulement sur le logiciel, mais aussi sur le droit de circuler et de facturer.
En chiffres
- 30 juillet 2026 — date de l’annonce de la NHTSA.
- 2 500 véhicules par an — plafond commercial fixé à Zoox pendant deux ans.
- 2 villes — San Francisco et Las Vegas, citées dans les essais mentionnés.
- 1 première ville payante — Las Vegas, selon l’autorisation annoncée.