ChatGPT revendique un volume de recherche proche d’un cinquième de Google
OpenAI dit que ChatGPT atteint environ 20 % du volume de recherche de Google. Le chiffre reste flou dans sa méthode, mais il confirme la montée d’un concurrent sérieux pour la recherche web.
OpenAI affirme que ChatGPT représente désormais environ 20 % du volume de recherche de Google, selon Adam Fry, responsable produit grand public de ChatGPT, interrogé lors d’un événement presse le 3 novembre 2026. Le calcul repose sur des “search-like queries”, une catégorie large qui couvre les requêtes où l’utilisateur demande au chatbot d’aller chercher des informations sur le web. L’enjeu est lourd : si ce ratio se confirme, ChatGPT ne serait plus seulement un assistant conversationnel, mais un acteur qui commence à peser sur la recherche elle-même.
Un chiffre solide en apparence, mais une définition qui flotte un peu
Le message d’OpenAI est simple : ChatGPT se rapproche de Google en volume d’usage pour la recherche. Adam Fry a résumé la méthode ainsi : “Every time you ask a question and go search the web, that’s a search.” La formule est commode, mais elle mélange plusieurs usages. Une requête de recherche classique, une demande d’actualité, une vérification de source ou une question posée pour obtenir une réponse contextualisée peuvent toutes entrer dans le même panier.
Autrement dit, le chiffre donne un ordre de grandeur, pas une mesure comptable comparable à celle d’un moteur traditionnel. C’est précisément ce qui rend la déclaration intéressante. Google reste très largement dominant sur la recherche web, avec plus de 90 % de part de marché mondiale selon les données de référence citées dans les sources. Cependant, OpenAI suggère qu’une part croissante des usages qui passaient avant par un moteur classique bascule désormais vers ChatGPT.
Cette évolution explique aussi pourquoi Google pousse plus fort ses fonctions d’IA dans Search, même si cela s’accompagne d’une baisse de monétisation reconnue par le groupe. La concurrence ne se joue plus seulement sur la qualité des liens, mais sur la capacité à capter la question avant même qu’elle n’arrive dans la barre de recherche. Une bataille d’interface, en somme. Et personne n’a vraiment envie de perdre l’habitude de l’utilisateur, surtout quand il tape vite.
Des usages qui grossissent plus vite que la transparence
Dans l’entretien relayé par Big Technology et repris par 9to5Google, Fry a aussi avancé d’autres chiffres sur l’ampleur de ChatGPT. L’application compterait 1,2 milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires, en hausse de 200 millions sur les deux derniers mois. Les modèles généreraient aussi environ 1,5 milliard d’images par semaine, tandis que 250 millions de personnes utiliseraient ChatGPT Voice.
En parallèle, OpenAI n’a pas donné d’actualisation précise sur le nombre d’abonnés payants. La dernière donnée publique citée est de 50 millions de souscripteurs, avec une progression annoncée mais non chiffrée. Rapporté à la taille d’une base de 1,2 milliard d’utilisateurs hebdomadaires, cela suggère une conversion encore faible vers le paiement. Le détail compte, car les chiffres d’audience impressionnent plus facilement que les revenus réels.
OpenAI ne s’est pas contenté de gonfler ses métriques d’usage. Fry a aussi présenté ChatGPT comme un produit apprécié pour sa personnalisation et sa compréhension du contexte. C’est précisément le nerf de la guerre face à Google : moins de pages à parcourir, plus de réponse directe, et un parcours qui ressemble de plus en plus à une discussion. Pour les utilisateurs, le gain est clair. Pour les moteurs historiques, la pression monte.
Ce que ce déplacement change pour la recherche en ligne
Si OpenAI dit vrai, même avec une marge d’interprétation, la recherche web entre dans une phase où le moteur n’est plus forcément la première porte d’entrée. ChatGPT peut déjà capter une partie des requêtes que l’on confiait auparavant à Google, surtout quand il s’agit de chercher une réponse synthétique, de reformuler une question ou de croiser plusieurs sources. À l’échelle du marché, cela redessine la concurrence autour de l’attention, des revenus publicitaires et du contrôle de l’accès à l’information.
Reste une limite nette : la comparaison repose sur des définitions internes, pas sur un standard public partagé. C’est là que la prudence s’impose. Les chiffres avancés par OpenAI montrent une dynamique réelle, mais ils ne suffisent pas à établir une équivalence stricte entre un assistant conversationnel et un moteur de recherche. Pour les annonceurs comme pour les éditeurs, le déplacement est pourtant déjà palpable.
En clair, la recherche ne disparaît pas. Elle change de forme, et Google n’est plus seul dans le couloir.
En chiffres
- 20 % — volume de recherche revendiqué par ChatGPT par rapport à Google, au 3 novembre 2026, selon OpenAI.
- 1,2 milliard — utilisateurs actifs hebdomadaires de ChatGPT, selon Adam Fry, novembre 2026.
- 200 millions — hausse revendiquée sur deux mois, selon OpenAI, novembre 2026.
- 1,5 milliard — images générées par semaine, selon OpenAI, novembre 2026.
- 50 millions — abonnés payants publics les plus récents cités par OpenAI.