CoreWeave accélère ses revenus mais reste sous pression

Le fournisseur de cloud pour l’IA a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 2,58 milliards de dollars, au-dessus du consensus, et un backlog de 104 milliards. Mais la dette, les pertes et la concurrence rappellent que la course aux GPU coûte cher.

CoreWeave a publié un deuxième trimestre plus solide qu’attendu, avec 2,58 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 112 % sur un an, et un titre qui a bondi après la clôture. Le fournisseur de cloud spécialisé dans les charges de travail d’IA attire toujours plus de clients, d’Anthropic à Meta, mais il continue aussi d’empiler la dette et les pertes. Pour le marché, le message est simple : la demande existe, la facture aussi.

Une croissance qui rassure les investisseurs, au moins pour un soir

La société a annoncé mardi un chiffre d’affaires supérieur au consensus LSEG, qui attendait 2,56 milliards de dollars. En préouverture, le titre gagnait 18 % après avoir déjà progressé de 9 % en séance prolongée, selon les deux sources. Depuis le début de l’année, l’action restait en hausse de 26 % à la clôture de mardi, alors que le S&P 500 avançait d’un peu moins de 13 % sur la même période.

CoreWeave, qui loue de la puissance de calcul pour entraîner et faire tourner des modèles d’IA générative, a aussi relevé sa prévision de revenus annuels. L’entreprise vise désormais 12,4 à 13,2 milliards de dollars sur l’ensemble de 2025, avec un résultat opérationnel ajusté attendu entre 960 millions et 1,15 milliard de dollars.

Le backlog grossit, mais la rentabilité attend encore son tour

Le carnet de commandes atteint 104 milliards de dollars au 30 juin, sans compter 25 milliards de nouveaux engagements client pour le troisième trimestre, selon CNBC. C’est massif. Un peu trop, même, pour les comptables qui aiment dormir tranquilles. Le groupe revendique aussi 1,5 gigawatt de puissance contractée, signe d’un développement rapide de ses capacités de centre de données.

Mais la croissance a un prix. Les dépenses opérationnelles ont atteint 2,6 milliards de dollars au deuxième trimestre, contre 1,2 milliard un an plus tôt, ce qui a laissé un résultat opérationnel négatif de 49 millions de dollars. La perte nette s’est creusée à 626 millions de dollars, contre 290 millions un an plus tôt, et la société n’est pas rentable à ce stade.

Pourquoi CoreWeave compte dans la course à l’infrastructure IA

CoreWeave, qui a fait son entrée au Nasdaq en mars 2025, se positionne face aux géants Amazon, Google et Microsoft sur le terrain très convoité des infrastructures GPU, ces serveurs bardés de puces Nvidia nécessaires à l’IA générative. Son avantage est d’aller vite sur un marché encore très tendu. Son risque est connu : construire à marche forcée demande du capital, beaucoup de capital.

Au 30 juin, la société indiquait 35 milliards de dollars de dette au bilan pour financer ses GPU et autres équipements, selon CNBC. Dans le même temps, la concurrence s’organise : SpaceX revend désormais une partie de sa capacité de calcul excédentaire, et Meta a envisagé de lancer une activité cloud. Dans ce contexte, CoreWeave ne vend pas seulement de la puissance de calcul ; il tente aussi de verrouiller des relations commerciales avant que le marché ne se banalise.

Anthropic, Meta, Jane Street : les contrats qui font grimper la note

Le trimestre a été marqué par plusieurs annonces commerciales. Meta a dit vouloir dépenser 21 milliards de dollars supplémentaires avec CoreWeave, tandis que la société a conclu un accord pluriannuel avec Anthropic et obtenu un engagement de 6 milliards de dollars de la part de Jane Street. Elle a aussi cité de nouveaux clients comme Bentley Systems, Grammarly, Isomorphic Labs et Sunday Robotics.

Pour Citi, il s’agit même de “one of the cleaner quarters” depuis l’introduction en Bourse. Les analystes ont estimé que CoreWeave avait envoyé “a confident message” sur la demande, le pouvoir de prix et l’amélioration des marges, en soulignant une meilleure visibilité sur la diversification des clients et des revenus. Les investisseurs, eux, regarderont surtout si cette promesse de levier opérationnel finit par se traduire en bénéfices durables.

Les chiffres qui résument le trimestre

  • 2,58 milliards de dollars — revenus du deuxième trimestre, au-dessus du consensus LSEG.
  • 112 % — progression du chiffre d’affaires sur un an, selon CoreWeave.
  • 104 milliards de dollars — backlog de revenus au 30 juin, selon l’entreprise.
  • 35 milliards de dollars — dette au bilan à la fin du trimestre.
  • 12,4 à 13,2 milliards de dollars — objectif de revenus annuels 2025.

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