Essais sur route du FSD de Tesla : la France accélère

La France va lancer des essais sur route de deux Tesla équipées du FSD supervisé, six semaines après avoir jugé le système insuffisamment sûr. L’issue dépendra d’une homologation européenne attendue dans les prochaines semaines.

La France va lancer des essais sur route de deux véhicules Tesla équipés du FSD supervisé, le dispositif de conduite assistée avancée du constructeur américain. Cette bascule intervient six semaines après un avis jugé trop prudent sur sa sécurité, et elle compte pour l’homologation européenne attendue dans les prochaines semaines. Philippe Tabarot, ministre des Transports, a échangé mercredi soir avec Elon Musk autour du dossier. Les essais doivent permettre de tester concrètement le système sur le territoire national, sans confondre pour autant essai encadré et voiture autonome.

De la réserve à l’essai, le virage est net

Le contraste est rapide. Fin juin, Philippe Tabarot expliquait sur Agora que la France ne comptait pas autoriser à ce stade le système de Tesla, en estimant que les progrès technologiques ne compensaient pas encore les risques en matière de sécurité. Quelques semaines plus tard, le ministre annonce que le pays entre dans une nouvelle étape : celle des essais sur route.

Cette évolution ne signifie pas que le FSD est validé. Baptisé Full Self-Driving (Supervised), le système exige toujours une surveillance active du conducteur et ne rend pas la voiture autonome. Tesla indique qu’il repose sur une intelligence artificielle entraînée par plus de six millions de véhicules en circulation, avec des caméras extérieures censées couvrir l’environnement du véhicule sans angle mort.

Ce que le FSD sait faire, et ce qu’il ne sait pas encore faire

Sur le papier, le système peut gérer la conduite en ville ou sur autoroute, réaliser des créneaux et même sortir d’une place de parking, tant que le conducteur surveille depuis l’extérieur du véhicule. Dans la pratique, c’est précisément cette supervision qui reste au cœur du débat réglementaire. Le cadre européen prévoit que le conducteur reste maître du véhicule en permanence ; Tesla pousse donc ses pions, mais pas encore le volant tout seul.

Le dossier n’avance pas qu’en France. Le FSD est déjà disponible aux États-Unis, au Canada, au Mexique, en Australie et en Corée du Sud, selon les éléments fournis. Mi-avril, les Pays-Bas ont autorisé le système à titre provisoire, une première en Europe, avant que l’Estonie, la Belgique, la Lituanie et le Danemark ne suivent selon la source. Tesla précise de son côté, sur la version française de son site, que la fonctionnalité reste « en attente d’approbation réglementaire », tout en affirmant qu’elle est déjà accessible dans « douze pays et ce n’est pas fini ».

Pourquoi ces essais comptent pour Tesla et pour l’Europe

Les essais français ne valent pas homologation, mais ils ont une portée politique et industrielle. Pour Tesla, ils constituent un test public dans un grand marché européen. Pour les autorités, ils servent à mesurer le comportement du dispositif dans des conditions réelles avant une éventuelle décision au niveau européen. La Commission ou les instances compétentes [à vérifier] devront ensuite arbitrer sur un sujet très sensible : jusqu’où peut aller l’automatisation sans faire baisser la vigilance au volant.

Le vrai enjeu n’est donc pas seulement technique. Il touche à la responsabilité en cas d’incident, au rythme d’adaptation du droit européen et à la manière dont les régulateurs acceptent — ou non — de laisser des systèmes encore supervisés sortir des laboratoires et des routes d’essai. En clair, le FSD avance, mais le dernier mot ne viendra pas d’un logiciel.

Points clés

  • Deux véhicules Tesla vont être essayés sur route en France.
  • Philippe Tabarot a parlé avec Elon Musk mercredi soir.
  • Fin juin, la France jugeait le système encore trop peu sûr.
  • Mi-avril, les Pays-Bas ont accordé une autorisation provisoire.
  • Quatre autres pays de l’Union ont suivi selon la source.

En chiffres

  • Six semaines — entre la réserve française et l’annonce des essais.
  • Deux véhicules — concernés par les essais sur route en France.
  • Plus de six millions — véhicules Tesla ayant servi à entraîner l’IA, selon Tesla.
  • Douze pays — où l’option serait déjà accessible, selon Tesla.

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