Gemini 4 Argon circule déjà via des tests cachés
Des utilisateurs disent apercevoir Gemini 4 Argon avant son ouverture au public, via des routages discrets et des A/B tests. Google annonce des performances élevées, mais les captures partagées sur X ne suffisent pas à trancher.
Gemini 4 Argon, le nouveau modèle de Google, n’est pas encore ouvert au public, mais plusieurs utilisateurs disent déjà l’avoir vu apparaître dans des tests cachés. Depuis quelques jours, des sorties attribuées à Argon circulent sur X, parfois via des routages silencieux derrière d’autres noms de modèle. L’enjeu est simple : savoir si Google prépare un vrai bond en qualité, ou seulement une série de tests internes bien emballés. Pour l’instant, les captures donnent des indices, pas un verdict.
Des sorties plus propres, mais encore difficiles à attribuer
Le premier signal est venu de @leo114119, qui a publié un rendu d’un complexe de palais chinois présenté comme issu de Gemini 4 Argon. La scène paraît plus détaillée que les sorties souvent jugées trop plates des précédents modèles Gemini. Dans un second message, le même utilisateur affirme que le compte principal n’a pas reçu le test, alors qu’un sous-compte ajouté à un groupe familial y a eu accès. Ce schéma rappelle aussi, selon lui, ce qui s’était passé avec Opus 5.5.
Un autre compte, @auricxofficial, dit avoir vu Gemini 3.8 Flash rediriger vers Argon, tandis que Gemini 3.1 Pro dans Antigravity pointerait vers 3.8 Flash sous l’identifiant « gemini-3.8-flash-exp-a ». Là encore, les indices vont dans le même sens : Google semble router certains utilisateurs vers des checkpoints différents sans le signaler clairement. C’est pratique pour les tests, moins pour la clarté, mais les laboratoires d’IA n’ont pas toujours le sens du théâtre.
Un meilleur rendu visuel ne suffit pas à juger un modèle
Les exemples partagés montrent surtout une amélioration perçue sur les interfaces et le rendu graphique. Dans une comparaison publiée par @leo114119, Gemini 4 Argon et Gemini 3.8 Flash devaient générer trois écrans iPhone pour une application météo en HTML. La version Argon apparaît plus soignée, avec une hiérarchie visuelle plus nette. Sur une autre démo, un jeu de tir 3D généré par Argon a aussi été montré par @auricxofficial. Mais des démonstrations isolées ne disent rien, à elles seules, sur la stabilité, la précision ou le coût d’usage au quotidien.
Cette prudence est d’autant plus nécessaire que Business Insider rapporte un autre nom de checkpoint, Barium-B, présenté comme celui retenu pour la sortie publique d’Argon. Des employés testeraient aussi Carbon, décrit comme proche d’Opus 5.5 en codage. Autrement dit, ce que les utilisateurs voient sur X pourrait relever de plusieurs variantes internes, et pas d’un seul modèle figé [à vérifier].
Les chiffres que Google met en avant
Google a annoncé Gemini 4 Argon le 30 septembre, puis a réservé l’accès à un groupe restreint d’utilisateurs. L’entreprise revendique 77,9 % sur DeepSWE, un test de tâches longues en ingénierie logicielle, ainsi qu’une première place sur le Vals Index pour la finance, le juridique et la fiscalité, et sur AutomationBench de Zapier. Son propre tableau comparatif indique aussi qu’Argon reste derrière Claude Opus 5.5 et GPT-6 Astra sur certains tests de codage et de terminal.
Au-delà des benchmarks, Google prépare aussi l’environnement logiciel. Des versions récentes d’Antigravity afficheraient des options de contexte de 256K, 512K et 900K jetons, réservées à Argon. La société dit que les clients API payants et les abonnés AI Ultra viendront ensuite, sans donner de date. Pour l’instant, impossible de savoir si les aperçus diffusés sur X montrent la version finale ou un simple détour technique.
Ce que cette phase cachée change pour Google
La séquence dit quelque chose de la stratégie de Google : tester en douce, comparer beaucoup, et laisser fuiter assez pour nourrir l’intérêt sans ouvrir trop tôt le robinet. Pour les développeurs, cela compte car la qualité du routage et des checkpoints peut modifier l’expérience réelle d’un produit, même quand le nom affiché ne bouge pas. Pour le marché, le duel reste ouvert avec Anthropic et OpenAI, mais il se joue encore sur des extraits, des scores et des captures. Le vrai test viendra quand Argon sera accessible à grande échelle, pas sur une poignée de screenshots.
En attendant, les signaux sont encourageants sans être décisifs. Google semble vouloir installer Argon comme un modèle plus ambitieux sur le code, les interfaces et les tâches longues. Reste à voir si la promesse tient hors des vitrines de test, là où les modèles cessent d’être beaux pour devenir utiles.