Google et Anthropic desserrent les marques visibles des contenus générés par IA
Google permet désormais de désactiver le filigrane visible de Gemini et de Flow, tout en gardant des marques invisibles. Anthropic, de son côté, détaille le filigrane textuel de Claude pour répondre aux règles européennes.
Google permet désormais de désactiver le filigrane visible ajouté aux contenus générés par Gemini et Flow, tandis qu’Anthropic précise comment Claude marquera ses textes de façon invisible. Dans les deux cas, les marques cachées restent présentes : SynthID, C2PA et, pour Claude, une variante de SynthID-Text. Le sujet compte car il touche à la transparence des contenus produits par IA, mais aussi à la manière dont les plateformes arbitrent entre lisibilité pour l’utilisateur et exigences réglementaires.
Le visible recule, pas la traçabilité
Chez Google, le réglage s’appelle “Media watermark” et se trouve dans les paramètres de Gemini. Une fois désactivé, il retire le petit symbole “sparkle” affiché en bas à droite des images, vidéos ou musiques créées avec Nano Banana et Omni. Josh Woodward, vice-président de Google Labs, Gemini et AI Studio, précise toutefois que les contenus gardent des marques invisibles, via SynthID et C2PA, ce qui permet de les vérifier ensuite dans Gemini ou dans Search.
Autrement dit, le signal visuel passe au second plan. Pas sa suppression totale. Google dit aussi prévoir le déploiement de ce réglage dans Search, mais pas dans les pays qui imposent des watermarks visibles [à vérifier].
Claude s’aligne sur l’Europe, sans surcoût affiché
Anthropic a, de son côté, expliqué le fonctionnement du marquage invisible de Claude pour le texte généré, afin de respecter l’AI Act européen. L’entreprise parle d’“a version of the SynthID-Text approach”, une technologie open source conçue par Google DeepMind. Le principe consiste à exploiter des choix de mots peu sensibles pour laisser une signature statistique, détectable par une clé, sans changer le sens pour le lecteur.
Anthropic affirme que ce système n’augmentera pas le prix pour les utilisateurs et n’aura “any practical impact on the quality or content of Claude’s outputs.” Le même cadre réglementaire s’applique aussi aux images traitées par Claude, avec prise en charge de C2PA. Google, lui, indique que Gemini supporte déjà SynthID Text depuis 2024. OpenAI et Meta ont aussi choisi des approches sans marque visible, tandis qu’Anthropic rejoint le mouvement avec son propre dispositif. Les filigranes ont décidément une vie plus longue que les tweets qui les commentent.
Pourquoi cette évolution compte
Cette double annonce raconte un basculement assez net. Les plateformes d’IA ne renoncent pas à la traçabilité, mais elles rendent moins visible le marquage au premier coup d’œil. Pour les usages quotidiens, cela peut compliquer l’identification rapide d’un contenu synthétique. Pour les régulateurs européens, en revanche, la logique reste intacte : il faut pouvoir détecter qu’un texte, une image, une vidéo ou un fichier audio a été produit ou manipulé par une IA.
Le vrai enjeu est là : faire cohabiter des contenus plus fluides à l’usage avec des mécanismes de preuve exploitables en arrière-plan. Dans un marché où les générateurs d’images, de texte et de vidéo se ressemblent de plus en plus, la différence se joue désormais autant sur les garde-fous que sur la qualité de sortie.
Points clés
- Google laisse désactiver le filigrane visible dans Gemini et Flow.
- Les marques invisibles SynthID et C2PA restent actives.
- Anthropic s’aligne sur l’AI Act européen pour Claude.
- Gemini prend en charge SynthID Text depuis 2024.
- OpenAI et Meta n’utilisent pas de watermark visible.
- Le réglage Google n’arrive pas dans les pays l’exigeant.
En chiffres
- 2024 — année de prise en charge de SynthID Text par Gemini, selon Google.
- 2 systèmes — SynthID et C2PA, conservés par Google en arrière-plan.
- 1 norme — l’AI Act européen, cité par Anthropic pour Claude.