L’Europe met en marche ses gigafactories d’IA
Bruxelles ouvre la sélection de jusqu’à sept AI gigafactories, avec 30 milliards d’euros visés au total. La France candidate, tandis que les montants restent encore conditionnés à des arbitrages budgétaires.
L’Union européenne lance la phase de sélection pour jusqu’à sept AI gigafactories, de vastes infrastructures de calcul destinées à entraîner et faire tourner des modèles d’IA avancés. Le programme vise plus de 30 milliards d’euros d’investissements au total, avec jusqu’à 10 milliards d’euros de financements publics et au moins 20 milliards d’euros privés. À ce stade, Bruxelles veut surtout combler son retard en capacité de calcul face aux géants américains. Et la facture donne une idée du fossé : ce n’est pas exactement le budget d’une borne Wi-Fi de quartier.
Des centres de calcul, pas des usines au sens classique
Malgré leur nom, ces gigafactories ne produiront rien sur une chaîne d’assemblage. Elles regrouperont des dizaines de milliers de puces spécialisées, des centres de données, du cloud et des réseaux à très haut débit pour offrir de la puissance de calcul à des start-up, des entreprises, des laboratoires et des administrations. La Commission européenne présente ce dispositif comme un levier de souveraineté technologique, mais aussi comme un outil très concret pour accéder à l’infrastructure nécessaire aux modèles de grande taille.
Le projet s’inscrit dans la stratégie européenne “AI Continent”. Selon les sources, 18 États membres participent déjà à l’initiative, dont l’Allemagne et la France. Les candidatures doivent être déposées jusqu’au 12 novembre 2026, avec un démarrage annoncé des premiers chantiers en 2027.
La France veut sa place dans le dispositif
La France s’est portée candidate pour accueillir l’une de ces infrastructures. Le gouvernement prévoit d’acheter pour 100 millions d’euros de capacités de calcul auprès de la future installation française à partir de 2027, afin d’alimenter notamment les administrations, la recherche et des établissements de santé. Dans le même temps, Paris doit contribuer à hauteur de 100 millions d’euros au programme européen, en plus de ses propres dispositifs nationaux dédiés à l’IA.
La candidature française repose sur un consortium réunissant Ardian, Artefact, Bull, Capgemini, EDF, iliad, Orange et Scaleway. L’idée est de bâtir une capacité utile aux usages publics et privés, tout en limitant la dépendance aux infrastructures étrangères. Le vrai sujet, au fond, n’est pas seulement de poser des baies de serveurs. C’est de savoir qui contrôle la puissance de calcul quand l’IA devient un sujet industriel.
Un financement encore en construction
Les montants avancés restent partiellement conditionnels. Une source évoque une enveloppe européenne de 5 milliards d’euros pour sept centres de calcul, tandis qu’une autre parle de jusqu’à 10 milliards d’euros de fonds publics européens et nationaux [à vérifier]. Ces différences tiennent au stade des négociations et aux hypothèses de mobilisation, pas à un changement de cap affiché.
Le mécanisme prévoit deux niveaux de projets. Jusqu’à quatre gigafactories pourraient recevoir 100 millions d’euros au départ, puis jusqu’à 400 millions d’euros supplémentaires pour monter en puissance. Jusqu’à trois autres projets pourraient obtenir 200 millions d’euros au lancement, puis jusqu’à 800 millions d’euros de plus pour atteindre une capacité encore supérieure. La Commission doit annoncer les projets retenus au début de 2027.
Points clés
- Jusqu’à sept gigafactories IA sont ouvertes à candidature.
- Les dossiers sont attendus jusqu’au 12 novembre 2026.
- La France vise une implantation et 100 millions d’euros d’achat.
- 18 États membres participent, dont l’Allemagne et la France.
- Les premiers chantiers doivent commencer en 2027.
En chiffres
- 30 milliards d’euros — objectif total d’investissement, UE et privés, annoncé en 2026.
- 10 milliards d’euros — financements publics européens et nationaux visés, selon la Commission.
- 20 milliards d’euros — investissements privés attendus pour compléter le dispositif.
- 100 millions d’euros — achat de capacités prévu par la France à partir de 2027.
- 12 novembre 2026 — date limite de dépôt des candidatures.