L’IA dépasse les comptables sur les tâches simples, mais pas sur la clôture

Une étude de Mercor montre que des modèles d’IA exécutent plus vite et plus juste des tâches comptables structurées que des CPA expérimentés. Mais la clôture des comptes reste hors de portée sans supervision humaine.

Les modèles d’IA font désormais mieux que des comptables agréés sur des tâches de tenue de livres structurées, selon une étude de Mercor publiée le 2 octobre 2026. Plus rapides, plus précis et bien moins coûteux, ils restent pourtant incapables de clôturer des comptes seuls. C’est un signal fort pour la profession, car l’automatisation progresse là où le travail est le plus standardisé, mais pas là où l’expérience et le contexte dominent.

Quand l’IA coche les cases, mais pas toute la feuille

Mercor a demandé à 12 CPA certifiés, avec une moyenne de 5,5 ans d’expérience, de traiter des tâches simplifiées issues de l’APEX Accounting Benchmark. Il y a 18 mois, les meilleurs modèles restaient sous la moyenne des comptables, autour de 37 %. Aujourd’hui, ils résolvent ces exercices presque sans faute. Une évolution rapide, presque embarrassante pour les tableurs.

Le constat est toutefois nuancé par le périmètre du test. Le benchmark complet comprend 160 tâches réparties sur 10 entreprises simulées, conçu avec plus de 40 professionnels affichant en moyenne 11 ans d’expérience. Dans ce cadre plus large, Claude Opus 5.5 mène avec 61,8 % des critères de notation remplis, devant Fable 5.1 à 61,0 % et GPT-6 Astra à 57,9 %. Aucun modèle ne résout néanmoins intégralement près de 60 % des tâches, selon Mercor.

Des gains de productivité, pas une disparition du métier

La limite est assez nette. Les tâches retenues par l’étude favorisent précisément ce que les systèmes d’IA font le mieux : repérer des détails et suivre des instructions à la lettre. En revanche, Mercor a exclu des pans entiers du métier, comme les échanges avec les clients, la coordination avec les collègues et l’usage d’un contexte accumulé au fil des années. Autrement dit, la machine sait lire la consigne, mais elle ne sait pas encore faire le café en réunion.

Dans ce contexte, Mercor estime que les comptables ne seront pas remplacés à court terme, même si les gains de productivité pourraient être importants dans l’ensemble du secteur. La perspective change surtout pour les cabinets et les directions financières : moins de temps sur la saisie, plus de supervision, de contrôle et d’arbitrage. Pour les acteurs du marché, le vrai sujet n’est plus de savoir si l’IA intervient en comptabilité, mais jusqu’où elle peut descendre dans la chaîne avant de buter sur la responsabilité humaine.

Points clés

  • 12 CPA ont testé les tâches simplifiées de l’APEX benchmark.
  • 37 % : moyenne des comptables face aux anciens modèles, il y a 18 mois.
  • Claude Opus 5.5 atteint 61,8 % des critères sur le benchmark complet.
  • Près de 60 % des tâches restent incomplètes pour les modèles.
  • Mercor exclut clients, collègues et contexte métier du test.

En chiffres

  • 12 comptables — CPA certifiés, moyenne de 5,5 ans d’expérience, étude Mercor.
  • 160 tâches — volume du APEX Accounting Benchmark, sur 10 entreprises simulées.
  • 40 professionnels — concepteurs du benchmark, moyenne de 11 ans d’expérience.
  • 61,8 % — score de Claude Opus 5.5 sur les critères de notation.
  • 37 % — niveau moyen des comptables face aux meilleurs modèles, il y a 18 mois.

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