Le calcul d’OpenAI s’étend chez AWS, Microsoft perd l’exclusivité

OpenAI va acheter pour 38 milliards de dollars de services AWS sur sept ans. L’accord lui ouvre l’accès à des centaines de milliers de GPU Nvidia, après une restructuration qui desserre l’emprise de Microsoft.

OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT et Sora, a signé le 3 novembre 2025 un accord de sept ans avec Amazon Web Services, la branche cloud d’Amazon, pour acheter 38 milliards de dollars de capacité de calcul. Le contrat donne accès à des centaines de milliers de GPU Nvidia, ces processeurs graphiques très efficaces pour entraîner et faire tourner des modèles d’IA. Selon The Verge et Ars Technica, OpenAI pourra utiliser AWS immédiatement, avec une capacité prévue avant fin 2026 et des extensions possibles en 2027. L’annonce compte car Microsoft n’est plus le fournisseur cloud exclusif d’OpenAI, au moment où la demande de calcul devient le nerf de la guerre générative.

AWS récupère une part du moteur, pas tout le volant

L’accord avec AWS ne remplace pas Microsoft, mais il donne à OpenAI une nouvelle source de puissance pour ses produits grand public et ses prochains modèles. Lors de l’annonce, Sam Altman a résumé l’enjeu en une phrase : "Scaling frontier AI requires massive, reliable compute". Amazon prévoit de déployer des clusters de centres de données avec des puces Nvidia, notamment les accélérateurs GB200 et GB300, pour traiter les réponses de ChatGPT, générer des vidéos avec Sora et entraîner la prochaine génération de modèles.

Cette capacité doit arriver vite. D’après le communiqué cité par The Verge, OpenAI commencera à utiliser AWS "immediately", tandis que toute la capacité prévue doit être déployée avant la fin de 2026. Une extension reste possible en 2027 et après, ce qui laisse de la marge si la demande continue de grimper. Même dans la tech, ce n’est pas une note de frais.

Microsoft reste indispensable, mais perd un privilège

Microsoft demeure un partenaire central d’OpenAI, mais son rôle change après la restructuration finalisée la semaine précédente. Le nouvel accord entre les deux entreprises retire à Microsoft son statut de fournisseur cloud exclusif ainsi que son droit de premier refus sur les charges de calcul d’OpenAI. En échange, Microsoft conserve des droits sur la technologie d’OpenAI jusqu’à l’atteinte de l’AGI, l’intelligence artificielle générale, c’est-à-dire un système capable d’égaler ou dépasser l’humain sur un large éventail de tâches cognitives.

Le lien financier reste massif. OpenAI s’est aussi engagé à acheter 250 milliards de dollars de services Azure auprès de Microsoft, un montant très supérieur au contrat AWS. Depuis juin 2025, l’entreprise a également conclu un accord cloud avec Google, et un contrat de 300 milliards de dollars avec Oracle a été rapporté en septembre pour environ cinq ans. Le message est clair : OpenAI ne veut plus dépendre d’un seul fournisseur pour alimenter ses modèles.

La course au calcul se heurte aux limites de l’électricité et du bilan

Les besoins de calcul d’OpenAI dépassent désormais le simple arbitrage entre fournisseurs cloud. Selon Reuters, cité par Ars Technica, Sam Altman a déjà évoqué un plan de 1 400 milliards de dollars pour développer 30 gigawatts de ressources informatiques, assez pour alimenter environ 25 millions de foyers américains. Il a aussi indiqué vouloir ajouter, à terme, 1 gigawatt de capacité de calcul par semaine. Or chaque gigawatt construit représenterait aujourd’hui plus de 40 milliards de dollars de capital, toujours selon Reuters.

Cette inflation des dépenses alimente les doutes sur l’économie de l’IA générative. OpenAI devrait atteindre environ 20 milliards de dollars de revenu annualisé fin 2025, d’après Reuters, mais ses pertes augmentent aussi. Dans le même temps, des informations rapportées évoquent une possible introduction en Bourse valorisant l’entreprise jusqu’à 1 000 milliards de dollars. Les investisseurs ont salué le contrat côté Amazon, dont l’action a atteint un record lundi matin, tandis que Microsoft a brièvement reculé. Le signal envoyé au marché est moins confortable qu’il n’y paraît : la valeur de l’IA dépend autant des modèles que des puces, des datacenters et de l’électricité disponible.

Points clés

  • Accord AWS-OpenAI : sept ans, 38 milliards de dollars.
  • Capacité prévue avant fin 2026, extensions possibles en 2027.
  • Microsoft conserve un engagement Azure de 250 milliards de dollars.
  • AWS prévoit des GPU Nvidia GB200 et GB300.

En chiffres

  • 38 milliards de dollars — services AWS achetés par OpenAI sur sept ans, annoncé le 3 novembre 2025.
  • 250 milliards de dollars — engagement d’achats Azure par OpenAI, selon The Verge et Ars Technica.
  • 300 milliards de dollars — contrat Oracle rapporté pour environ cinq ans.
  • 30 gigawatts — objectif de calcul évoqué par Sam Altman, selon Reuters.
  • 20 milliards de dollars — revenu annualisé attendu fin 2025, selon Reuters.

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