Microsoft efface la marque Copilot+ de ses PC IA

La marque Copilot+ disparaît des nouveaux PC Surface et des communications des partenaires. Microsoft garde les exigences techniques, mais change de vocabulaire après les déboires de Recall et un positionnement jugé confus.

Microsoft et plusieurs de ses partenaires ont discrètement rangé la marque Copilot+, utilisée depuis 2024 pour désigner les PC pensés pour l’intelligence artificielle. Le nom s’efface alors que la stratégie n’a pas trouvé son public et que la fonction Recall de Windows 11 a soulevé de sérieuses alertes de sécurité. La base technique, elle, reste en place : NPU, traitement local et matériel adapté ne disparaissent pas. C’est juste l’étiquette qui part au placard.

Une marque devenue plus encombrante qu’utilitaire

Copilot+ devait aider Microsoft et Qualcomm à installer une nouvelle catégorie d’ordinateurs portables, capables d’exécuter des fonctions d’IA directement sur la machine. Dans les faits, la promesse a été brouillée par plusieurs facteurs. D’abord, Recall, présenté comme une fonction phare de Windows 11, a été repoussé après la découverte de vulnérabilités importantes par des chercheurs en sécurité. Ensuite, la marque Copilot elle-même souffrait déjà d’une image confuse chez une partie des utilisateurs, sans lien évident avec le fonctionnement réel de l’assistant Copilot. Microsoft et ses partenaires semblent avoir conclu qu’un mot de trop peut parfois coûter plus cher qu’une puce en plus.

Les nouveaux PC Surface en donnent le signal le plus visible. Brett Ostrum, vice-président exécutif de la division Surface, a confirmé l’abandon de la mention Copilot+ sur les appareils récents, même lorsque leur configuration répond toujours aux critères matériels requis. Chez Qualcomm, Kedar Kondap a expliqué que l’objectif initial était de fixer un seuil technique minimum pour l’IA, mais que la terminologie n’était plus nécessaire. NVIDIA, de son côté, a évité cette appellation sur sa plateforme RTX Spark. Le changement est donc plus large qu’un simple ajustement marketing.

Copilot change d’architecture, pas seulement de nom

En parallèle, Microsoft fait évoluer Copilot vers autre chose qu’un simple chatbot. L’application a été réorganisée autour de trois espaces : Home, Code et Autopilot. Home regroupe la conversation avec l’assistant et des fonctions de travail collaboratif ; Code permet de créer des applications ou des automatisations en langage naturel ; Autopilot, anciennement Scout, agit comme un agent persistant capable de travailler dans le cloud sur la durée. Dans les sources les plus récentes, il peut surveiller Teams et Outlook, conserver une mémoire, et poursuivre des tâches sur plusieurs jours sous contrôle administratif. La promesse est simple à dire, plus délicate à gouverner.

Microsoft veut aussi rapprocher Copilot de ses outils bureautiques. Les fichiers Word, Excel et PowerPoint s’ouvrent désormais directement dans l’interface, ce qui renforce l’idée d’un hub IA intégré à Microsoft 365. Côté modèle économique, l’entreprise bascule vers une logique de facturation à l’usage pour certaines fonctions avancées, au lieu d’un forfait unique. Les licences standard couvrent l’IA de base et les intégrations Office, mais Cowork, Code, Autopilot et l’accès aux modèles les plus puissants passent par une tarification plus granulaire. Pour les directions informatiques, Microsoft ajoute des outils de gouvernance financière, avec des contrôles de dépenses, d’autorisations et de disponibilité des modèles.

La vraie bataille se joue sur l’usage, pas sur le badge

Au fond, la disparition de Copilot+ dit quelque chose de plus large sur le marché des PC et de l’IA. Les constructeurs et Microsoft ne renoncent pas aux exigences matérielles qui permettent de faire tourner des fonctions locales, mais ils préfèrent désormais parler d’usage, d’agents et d’intégration logicielle plutôt que de brandir une catégorie produit encore trop floue. Les sources concordent sur ce point : l’étiquette Copilot+ s’efface, tandis que la logique technique qu’elle portait continue d’orienter les machines compatibles. Ce n’est pas la fin des PC IA ; c’est la fin d’un nom qui n’a pas pris.

Reste une question plus stratégique pour Microsoft. L’entreprise dispose de Windows, d’Office et d’une base installée énorme, mais Copilot reste à ce stade un agrégateur de modèles externes autant qu’un produit maison. Elle développe ses propres IA, dont MAI-Thinking-1, mais continue de s’appuyer largement sur OpenAI et Anthropic, tout en ouvrant la porte à d’autres modèles selon les usages. Dans ce contexte, le vrai enjeu n’est pas seulement de vendre des PC compatibles. C’est de faire de Copilot un point d’entrée crédible pour travailler, créer et automatiser sur Windows, sans que l’utilisateur ait à se demander quelle brique d’IA fait quoi.

Points clés

  • Copilot+ disparaît des Surface récents et des communications partenaires.
  • Recall a été repoussé après des failles de sécurité.
  • Brett Ostrum confirme l’abandon du nom côté Surface.
  • Copilot s’organise autour de Home, Code et Autopilot.
  • Microsoft bascule certaines fonctions vers la facturation à l’usage.
  • Les prérequis matériels IA restent en place malgré le changement de marque.

En chiffres

  • 2024 — lancement de la marque Copilot+ par Microsoft et Qualcomm.
  • 3 onglets — Home, Code et Autopilot dans le nouveau Copilot.
  • 1 fonction — Recall, repoussée après la découverte de vulnérabilités.
  • 2 familles de modèles — Microsoft s’appuie toujours sur OpenAI et Anthropic.

À lire