OpenAI accuse un ex-employé d’avoir transmis ses plans à Apple
OpenAI dit qu’un ancien salarié a emporté plus de 100 fichiers confidentiels avant de revenir chez Apple. La plainte évoque des données sur du matériel non annoncé et ravive un bras de fer déjà engagé entre les deux groupes.
OpenAI affirme qu’un ancien employé a emporté plus de 100 fichiers confidentiels liés à ses plans produits avant de rejoindre Apple, puis aurait présenté ces informations à des dirigeants du groupe de Cupertino. Dans une procédure déposée mercredi, la société à l’origine de ChatGPT décrit des documents sur du matériel non dévoilé, des données d’ingénierie et des informations fournisseurs. L’enjeu dépasse le simple litige RH : il touche aux secrets industriels, au calendrier des produits et à la concurrence autour du matériel dopé à l’IA.
Des documents sensibles, et pas seulement des brouillons de présentation
Selon OpenAI, les fichiers contenaient des images d’au moins un appareil non lancé, des données de fabrication, des fichiers de projet, des spécifications sur les finitions cosmétiques et des rapports sur le “coating and sealing of hardware components”. Autrement dit, pas des notes de réunion oubliées dans un coin de serveur. La plainte, relayée par Reuters puis détaillée par The Verge et The Register, indique aussi que certains documents auraient été transférés vers des comptes personnels juste avant le départ de l’employé, le 2 juin à Singapour, son dernier jour chez OpenAI [à vérifier].
OpenAI va plus loin et soutient que cette matière a servi à une présentation faite à la direction d’Apple, notamment à la vice-présidence des opérations en Asie. La société lie aussi ces éléments à la nouvelle poussée d’Apple vers des produits dopés à l’IA, dont son HomeView smart display et d’autres appareils dévoilés cette semaine. À ce stade, OpenAI ne dit pas avoir prouvé qu’Apple a utilisé les documents, mais demande du temps pour enquêter et pourrait déposer des contre-arguments contre le fabricant de l’iPhone.
Pourquoi cette affaire compte pour Apple et OpenAI
Le dossier prend une dimension particulière parce qu’Apple accuse elle-même OpenAI d’avoir pris des secrets industriels. En juillet, Apple a poursuivi OpenAI et deux anciens employés, Chang Liu et Tang Yew Tan, en disant qu’ils avaient emporté des informations confidentielles sur le développement matériel pour aider OpenAI à avancer sur ses propres produits. OpenAI avait alors répondu : “We have no interest in other companies' trade secrets. We remain focused on building innovative technology that empowers people everywhere.”
Dans ce contexte, chaque camp se présente comme la victime d’un aller-retour de documents sensibles. Apple dit ne pas avoir trouvé d’élément confirmant les accusations d’OpenAI et rappelle disposer de règles empêchant les salariés d’apporter des secrets d’anciens employeurs. OpenAI, elle, dit craindre que des informations confidentielles circulent désormais “inside Apple, where Apple engineers can shape Apple’s upcoming products based on OpenAI’s confidential and innovative work”. Le débat juridique, lui, reste ouvert [à vérifier].
Ce que révèle le dossier sur la bataille du matériel IA
Derrière l’échange d’accusations, il y a une bataille plus large : qui contrôle la prochaine génération d’appareils avec IA embarquée. Apple travaille sur des produits d’IA grand public à horizon long, parfois très long, tandis qu’OpenAI pousse de son côté sur le matériel et les intégrations physiques autour de ses modèles. Quand les deux groupes se retrouvent devant un tribunal, la question n’est plus seulement qui sort l’interface la plus élégante. C’est aussi qui garde ses plans dans la bonne boîte mail, ce qui reste un détail étonnamment stratégique.
En chiffres
- Plus de 100 fichiers — documents confidentiels évoqués par OpenAI, dans sa plainte déposée mercredi.
- 2 juin — date de départ de l’employé mentionnée dans le dossier, à Singapour [à vérifier].
- Juillet — mois où Apple a, selon les sources, engagé une action contre OpenAI et deux ex-employés.
- Une présentation — OpenAI affirme qu’elle a eu lieu devant des dirigeants d’Apple, dont sa vice-présidente des opérations en Asie.