Tesla franchit le million de miles en conduite autonome non supervisée

Le programme Robotaxi de Tesla a dépassé un million de miles en conduite autonome non supervisée, selon l’annonce faite à Austin. Le cap s’accompagne d’un lancement du Cybercab, d’une extension dans plusieurs villes et d’un examen de la NHTSA.

Tesla a annoncé, lors de son événement Cybercab à Austin le 3 septembre, que sa flotte Robotaxi avait dépassé un million de miles en conduite autonome non supervisée. Le chiffre résume un basculement du test encadré vers un service de transport sans chauffeur de sécurité dans plusieurs villes américaines. Mais il arrive aussi au moment où la NHTSA s’intéresse de près au Cybercab, un véhicule sans volant ni pédales. Le sujet compte pour un marché qui cherche encore la bonne équation entre vitesse de déploiement, sécurité et régulation.

Un cap symbolique, mais aussi un test de cadence

Selon Tesla AI, l’unité AI d’Ashok Elluswamy, le million de miles reflète une accélération nette du programme. Fin juillet, Tesla disait encore avoir accumulé 380 000 miles en conduite non supervisée lors de sa mise à jour des résultats du deuxième trimestre 2026 ; six semaines plus tard, le compteur avait donc grossi d’environ 620 000 miles. Cette progression s’explique en partie par la suppression des moniteurs de sécurité embarqués dans la plupart des opérations hors baie de San Francisco. Dans ce secteur, chaque mile compte, mais certains comptent un peu plus que d’autres.

Tesla avait lancé son service Robotaxi à Austin en juin 2025 avec des conducteurs de sécurité à bord. La suite a été plus ambitieuse : des trajets pleinement non supervisés, puis une extension à Dallas, Houston, Miami, Orlando et Tampa. La baie de San Francisco reste l’exception, avec un moniteur de sécurité à bord en vertu des règles californiennes. Tesla n’a pas publié de détail ville par ville sur la répartition du million de miles, ce qui laisse une zone grise sur la maturité réelle du service selon les marchés.

Le Cybercab entre en scène, et le régulateur aussi

Le lancement public des trajets en Cybercab à Austin change la nature du dossier. Le Cybercab, véhicule conçu uniquement pour le transport autonome, n’a ni volant ni pédales. Tesla a aussi indiqué à la NHTSA qu’elle considérait ces véhicules conformes à toutes les normes fédérales applicables, ce qui a déclenché une Audit Query sur la manière dont cette certification a été établie. L’agence veut comprendre quelles normes FMVSS sont jugées inapplicables au Cybercab et sur quelles données techniques Tesla s’est appuyée.

La discussion n’a rien d’anecdotique. Dans son résumé, la NHTSA précise que Tesla a commencé un déploiement commercial le 3 septembre 2026 avec un petit nombre de Cybercab à Austin et prévoit d’étendre progressivement le service à d’autres véhicules et localisations. Tesla a également ajouté 45 Cybercab à sa flotte de véhicules Robotaxi à Austin, selon des documents publics transmis à l’État du Texas. L’architecture du service repose donc sur un double appui : des Model Y déjà modifiés et un véhicule pensé dès le départ pour ce nouvel usage.

Le vrai enjeu : faire tourner la flotte plus longtemps

Au-delà du symbole, Tesla cherche surtout à augmenter l’utilisation quotidienne de ses véhicules. La société a indiqué, via Ashok Elluswamy, que le service payant Robotaxi fonctionne actuellement de 6 h à 22 h, sept jours sur sept, à Austin, Dallas, Houston, Miami, Orlando et Tampa. Ce créneau de 16 heures est plus court que la plage 6 h-2 h utilisée pendant une grande partie de l’année précédente. L’ouverture de la nuit serait donc un levier direct pour les revenus, mais aussi un test de robustesse dans des conditions moins favorables.

Elluswamy a expliqué sur X que la capacité 24 heures sur 24 arriverait “next month or so” une fois “the next tech to merge on the v15 plan” prêt. Tesla décrit justement FSD v15 comme une architecture plus ambitieuse, avec sept axes d’amélioration et environ dix fois plus de paramètres que les versions précédentes. Les premières moutures de cette pile logicielle seraient déjà en service sur la flotte Robotaxi, avec environ 40 % des gains prévus. Pour l’instant, Tesla ne dit pas si le passage à la nuit concernera d’abord les Cybercab, les Model Y ou les deux.

Une avance visible, mais encore loin des références du secteur

Le contraste avec Waymo reste parlant. Tesla dit avoir parcouru un million de miles sans supervision, tandis que Waymo annonce plus de 200 millions de miles entièrement autonomes avec passager uniquement. Tesla affirme de son côté n’avoir enregistré aucun incident notable sur la période précédant sa mise à jour de juillet 2026. Ces chiffres ne mesurent pas exactement la même chose, mais ils montrent que Tesla rattrape du terrain à grande vitesse sans avoir encore accumulé le même volume d’expérience.

La suite dépendra surtout de trois variables : les autorisations réglementaires, l’extension à de nouvelles villes et la capacité du Cybercab à tenir ses promesses dans un usage payant quotidien. Tesla avance vite, parfois un peu trop pour les régulateurs, qui aiment savoir comment une voiture sans volant est censée se comporter quand les choses tournent mal. Et c’est plutôt leur métier.

Points clés

  • Tesla annonce un million de miles non supervisés le 3 septembre 2026.
  • 380 000 miles étaient annoncés fin juillet 2026.
  • Le service Robotaxi fonctionne de 6 h à 22 h, sept jours sur sept.
  • Waymo revendique plus de 200 millions de miles autonomes.
  • La NHTSA a ouvert une Audit Query sur le Cybercab.
  • 45 Cybercab ont été ajoutés à Austin selon des documents publics.

En chiffres

  • 1 million de miles — conduite autonome non supervisée, Tesla, 3 septembre 2026.
  • 380 000 miles — niveau annoncé fin juillet 2026 lors des résultats du T2 2026.
  • 45 véhicules — Cybercab ajoutés à Austin selon des documents transmis au Texas.
  • 200 millions de miles — expérience autonome revendiquée par Waymo.
  • 6 h à 22 h — plage horaire actuelle du service Robotaxi dans plusieurs villes américaines.

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