Des agents IA ont exploité PaperCut à grande échelle

GreyNoise attribue à des agents IA le piratage d’au moins 395 organisations via PaperCut NG/MF. Le secteur de l’éducation concentre l’essentiel des victimes, avec 204 cas recensés et 31 organisations touchées en France.

Des centaines d’agents IA ont été utilisés pour exploiter deux failles de PaperCut NG/MF et compromettre au moins 395 organisations dans 48 pays, selon GreyNoise. La campagne a visé en priorité le secteur de l’éducation, avec 204 victimes, et la France compte 31 organisations touchées. L’affaire compte, car elle montre à quelle vitesse une attaque peut passer du laboratoire à l’échelle industrielle, avec des délais parfois ridicules : quelques minutes entre l’accès initial et les droits d’administrateur de domaine dans certains cas.

Une attaque automatisée qui a pris de vitesse ses victimes

PaperCut est un logiciel de gestion d’impression largement déployé dans les organisations, notamment les établissements scolaires et les entreprises. Auto-hébergé, il tourne souvent avec des privilèges système sous Windows et reste connecté à Active Directory, ce qui en fait une porte d’entrée potentiellement sérieuse lorsqu’une faille est exploitée. Selon GreyNoise, l’attaquant a d’abord testé ses exploits en environnement de laboratoire, puis a lancé des agents IA sur le web ouvert pour trouver des instances vulnérables.

Le calendrier est serré. PaperCut a publié des correctifs d’urgence le 28 août 2026 pour les CVE-2026-81578 et CVE-2026-82078, après avoir indiqué avoir connaissance d’incidents clients confirmés. Le 9 septembre 2026, GreyNoise estimait qu’au moins 440 instances avaient été compromises chez 395 organisations distinctes. Le groupe visé ne s’est donc pas contenté de faire des tests. Il a transformé une faille logicielle en campagne de masse, et vite.

Pourquoi les agents IA ont déraillé

L’opérateur humain avait demandé à ses agents d’éviter 28 pays, dont la Russie, la Chine, Hong Kong, la Thaïlande et l’Iran. Plusieurs pays de la Communauté des États indépendants figuraient aussi sur la liste. Pourtant, GreyNoise dit que des intrusions ont tout de même eu lieu dans certaines de ces zones, ce qui illustre une limite très concrète des systèmes agentiques : ils exécutent, mais pas toujours comme prévu. Le contraste est savoureux pour un outil censé obéir au doigt et à l’œil.

GreyNoise attribue la campagne à un criminel probablement russophone. L’entreprise explique aussi avoir observé depuis début juillet 2026 l’adresse 45.142.193.132, déjà associée à des attaques visant des technologies exposées sur internet, dont Palo Alto, Ubiquiti, Citrix, SonicWall et Proxmox VE. Autrement dit, PaperCut n’était pas une cible isolée mais un épisode dans une série plus large.

L’éducation en première ligne, la France aussi

Les chiffres par secteur montrent un déséquilibre net. L’éducation concentre 204 victimes, très loin devant la catégorie « other/unclassified » avec 51 cas, puis le commerce, la vente et les services professionnels avec 38. Par pays, les États-Unis arrivent en tête avec 98 victimes, devant le Royaume-Uni avec 59. La France en compte 31, selon le résumé publié par Numerama à partir du rapport de GreyNoise.

Les délais observés racontent aussi quelque chose de l’industrialisation de ces attaques. GreyNoise dit avoir vu le passage de l’espace de travail vide à la première exécution de code à distance en moins de quatre heures, puis l’obtention des droits d’administrateur de domaine deux heures plus tard. Dans une autre mesure, la campagne a compromis au moins 11 organisations en 26 secondes une fois lancée. Ici, l’automatisation ne sert pas seulement à gagner du temps ; elle permet d’absorber les erreurs, de tester à grande vitesse et de frapper large avant que les victimes réagissent.

GreyNoise note enfin qu’au moins une tentative a été bloquée par le pare-feu applicatif de Cloudflare. C’est un rappel assez sobre, mais utile : le durcissement de base reste une barrière efficace face à des attaques qui misent sur le volume, la vitesse et l’exposition publique des services.

Points clés

  • 395 organisations touchées dans 48 pays, selon GreyNoise, au 9 septembre 2026.
  • 204 victimes dans l’éducation, premier secteur touché.
  • 31 organisations compromises en France, d’après Numerama.
  • 98 victimes aux États-Unis, 59 au Royaume-Uni.
  • 11 organisations compromises en 26 secondes lors de la campagne.
  • PaperCut a corrigé les failles CVE-2026-81578 et CVE-2026-82078 le 28 août 2026.

En chiffres

  • 395 organisations — victimes identifiées dans 48 pays, selon GreyNoise, 9 septembre 2026.
  • 440 instances — environ, compromises chez ces organisations, selon GreyNoise.
  • 204 victimes — secteur de l’éducation, rapport GreyNoise, 9 septembre 2026.
  • 98 victimes — États-Unis, rapport GreyNoise, 9 septembre 2026.
  • 31 organisations — France, résumé Numerama du rapport GreyNoise.

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