Oracle greffe OpenAI et Google TPU au cœur de son cloud

Oracle a dévoilé à Las Vegas une suite d’outils mêlant OpenAI et ses propres applications, tout en ajoutant les TPU de Google à OCI. L’enjeu : attirer les entreprises qui veulent plus d’IA, plus de choix matériels et davantage de contrôle.

Oracle a présenté à Oracle AI World, à Las Vegas, une série d’annonces qui rapprochent un peu plus OpenAI, Google et son propre cloud. D’un côté, l’entreprise ajoute ChatGPT et Codex à sa pile applicative pour les clients entreprises ; de l’autre, OCI va accueillir les TPU de Google, ainsi que d’autres puces IA comme celles de Cerebras et de la gamme Jalapeño d’OpenAI [à vérifier]. Le message est clair : Oracle veut devenir un point de passage pour les workloads d’IA, du développement logiciel à l’inférence en production. Sam Altman doit d’ailleurs monter sur scène avec Clay Magouyrk pendant l’événement.

OpenAI s’invite dans les applications Oracle, pas seulement dans les démonstrations

La nouvelle offre Oracle x OpenAI ne se limite pas à un logo sur une slide. Oracle a détaillé quatre services : Oracle AI Workspace, Oracle AI Security Mesh, Oracle App Composer et Oracle AI SMB Bundle. Ensemble, ils couvrent l’usage bureautique, la cybersécurité, la création d’applications et l’accompagnement des petites structures. L’idée, selon Oracle, est de faire travailler les modèles d’OpenAI directement avec les applications, les données et les contrôles d’entreprise déjà en place.

Clay Magouyrk, CEO d’Oracle, résume la logique : “OpenAI is transforming how enterprises solve business problems, from chat, to coding, to analytics, to autonomous agents,” a-t-il déclaré. Greg Brockman, président et cofondateur d’OpenAI, affirme pour sa part que plus d’entreprises choisissent OpenAI parce qu’il devient plus simple de brancher l’IA aux outils qu’elles utilisent déjà. Le discours est classique, mais le produit est plus concret qu’un partenariat de salon : Workspace doit unifier les modèles, les applications Oracle et les données métier dans une même interface, tandis que App Composer veut permettre de créer des applications avec Codex sans expertise en code.

Google TPU chez Oracle : le cloud se vend aussi au rayon silicium

Oracle et Google ont aussi annoncé que les Tensor Processing Units de Google seront disponibles via Oracle Cloud Infrastructure en 2027. Selon leur communiqué, OCI sera la première plateforme cloud hyperscale hors de Google à proposer ces TPU. Oracle fournit l’infrastructure physique — énergie, refroidissement, réseau de datacenter — pour déployer ces puces à grande échelle. Sur le papier, cela permet aux clients de choisir entre plusieurs architectures d’IA dans un même cloud, selon leurs besoins de coût, de performance ou de latence.

Mahesh Thiagarajan, président d’Oracle Cloud Infrastructure, a résumé l’idée en une phrase : “Different AI workloads have different compute needs,” a-t-il dit. Amin Vahdat, chez Google, a ajouté que la prochaine génération d’IA exigera une diversité de calcul plus large. Dans ce contexte, l’arrivée des TPU dans OCI n’est pas un détail technique. Elle montre que les clouds publics ne se battent plus seulement sur le logiciel ou le stockage, mais aussi sur les puces elles-mêmes. Le marché adore complexifier les choses dès qu’il peut.

Ce que changent les nouveaux services Oracle

Oracle AI Workspace doit servir de couche de travail unifiée entre ChatGPT, les applications Oracle Fusion, NetSuite, Oracle AI Database et OCI. En pratique, un salarié peut lancer une tâche dans ChatGPT, accéder à des données approuvées, puis déclencher des actions dans les systèmes de l’entreprise avec les autorisations prévues. Oracle cite des cas comme le suivi de commandes clients, l’analyse d’écarts financiers ou l’onboarding d’un salarié entre RH, IT et finance.

Oracle AI Security Mesh, lui, est pensé pour la sécurité offensive contrôlée. Le service utilise des modèles cyber d’OpenAI pour tester les failles des applications et des infrastructures, y compris sur d’autres clouds et sur site, mais uniquement dans un périmètre autorisé par le client. Oracle décrit une chaîne assez précise : cartographie des systèmes, plan de test validé, agents spécialisés, vérification croisée, recommandation de correction, puis contrôle final après modification. Le but est d’éviter qu’un test de sécurité ne se transforme en incident de production — ce qui serait un peu dommage pour une offre de sécurité.

App Composer prend une autre direction : il vise les employés capables d’imaginer un outil métier sans savoir coder. L’application créée peut ensuite être déployée et opérée par Oracle sur OCI, avec gestion des identités, des permissions, du réseau, des audits et du cycle de vie. Oracle dit aussi prendre en charge APEXlang, une technologie maison censée offrir la vitesse du développement génératif sans produire un code opaque difficile à maintenir.

Une stratégie de plateforme, pas une addition de logos

Pris ensemble, ces lancements racontent une stratégie assez lisible. Oracle veut vendre une pile où l’IA générative, les applications métier, la sécurité et l’infrastructure sont imbriquées plutôt que reliées par des API bricolées à la va-vite. Les clients obtiennent plus de choix matériel avec les TPU de Google, plus d’automatisation avec OpenAI, et une promesse de gouvernance centralisée qui reste très importante pour les grandes entreprises. Reste à voir, à terme, si cette intégration tiendra la charge quand les usages passeront de la démonstration au quotidien.

Points clés

  • Oracle AI World a servi de scène aux annonces le 27 octobre 2026.
  • Google TPU arriveront sur OCI en 2027, selon Oracle et Google.
  • Oracle lance quatre offres autour d’OpenAI et de ses applications.
  • App Composer est déjà en disponibilité limitée.
  • OCI devient un point d’accès à plusieurs architectures IA.

En chiffres

  • 4 offres — Oracle AI Workspace, Security Mesh, App Composer, SMB Bundle.
  • 12 000 dollars — crédits cloud annuels inclus dans l’AI SMB Bundle.
  • 2027 — année de disponibilité annoncée des TPU de Google sur OCI.
  • 250 dollars — crédit maximal par workspace pour l’extension NetSuite QuickStart.

À lire